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Guerre Contre Boko Haram : Paul Biya lance ses nouveaux Centurions

Guerre Contre Boko Haram : Paul Biya lance ses nouveaux Centurions

Le chef des Armées camerounaises vient d’élever au grade de général de brigade cinq hommes. Cet acte s’arrime au contexte de la mise sur pied de la Force d’intervention conjointe multinationale.

Depuis le 13 août 2015, Valère Nka, Simon Ezo?o Mvondo, Jacob Kodji, Frédéric Djonkep et Bouba Dobekreo sont des généraux des forces de défense camerounaises. Si l’on s’en tient à l’analyse militaire, Paul Biya, le chef suprême des Armées vient de «mettre en route une grosse machine de guerre». A la Division de la communication du ministère de la Défense (Mindef), les heureux promus sont désignés comme «les nouveaux centurions du président».

Pour parler de ces hommes que l’opinion nationale et internationale finit par confondre avec l’histoire de la guerre contre Boko Haram. De façon très active, ces officiers étaient déjà impliqués dans cette croisade contre la secte djihadiste nigériane. Une autre analyse plus prosaïque se fonde sur le principe en vigueur chez les militaires: «un officier est rarement partant pour se désengager d’un front et en plus, on ne remanie pas une armée en guerre» Valère Nka, Bouba Dobekreo, Jacob Kodji, Frédéric Djonkep et Simon Ezo?o Mvondo, n’avaient pas besoin d’un autre stimulus pour venir à bout des terroristes dans la partie septentrionale du Cameroun.

Le premier est attaché de défense auprès du Haut-commissariat du Cameroun au Nigeria (base de Boko Haram), le second est le coordonnateur général des bataillons d?intervention rapide (Bir). Quant à Jacob Kodji et Frédéric Djonkep, ils sont respectivement commandant la 4ème région militaire interarmées à Maroua et commandant la 3ème région militaire interarmées à Garoua.

Enjeux

«Bien malin qui saurait prédire qui parmi les nouveaux généraux sera le commandant en second de la Force d’intervention conjointe multinationale dont la mise sur pied est très imminente. Le Nigéria a nommé un Général pour le représenter… Le Tchad a fait de même. Le haut-commandement camerounais a pensé que son représentant devrait parler d’égal à égal en termes de grade avec les autres», a-t-on entendu le 15 août dernier au cours de l’émission «Honneur et fidélité» produite et présentée par la Division de la communication du Mindef sur les ondes de la CRTV-Radio.

Ce que suggère cela est que les officiers camerounais les plus chevillés sur le dossier Boko Haram n’étant que des colonels, «il fallait envoyer un général pour un bonne définition des prérogatives. Les généraux sont dans la stratégie, la conception alors que les colonels sont dans le feu de l’action. Ils ont la fougue et la pugnacité qui sont aujourd’hui nécessaires» Avec 8700 hommes mis à sa disposition, la Force multinationale a un quartier général à N’Djamena (Tchad), il fallait que son état-major soit complet. Il a été convenu que le commandant de la force serait un Nigérian et qu’il serait secondé par un Camerounais.

Retraite

«Bousculer l’Etat-major de l’armée », tel semble aussi être le motif qui sous-tend les promotions au grade supérieur de cinq officiers de l’armée camerounaise. Selon le bimensuel confidentiel La Lettre du Continent. (édition du 24 septembre 2014), Paul Biya songeait à envoyer en «2ème section du cadre des officiers généraux des forces de défense» 10 des 31 généraux que compte le Cameroun. Agés entre 74 et 78 ans, ces généraux ont dépassé l’âge de départ à la retraite depuis belle lurette. Un décret du président de la République signé en 2001 fixe en effet l’âge de départ à la retraite à 60 ans pour les généraux de brigade et à 61 ans pour les généraux de division. Le terme «2e section» a été prononcé pour la première fois le 11 mars 2011.

Ce statut dépossède les officiers généraux des fonctions opérationnelles, tout en leur permettant de garder les privilèges liés à leur rang. Les premiers généraux à y avoir été envoyés sont: Pierre Semengue (80 ans), Jean Nganso Sunji (78 ans), Oumarou Djam Yaya (76 ans) et James Tataw Tabe (82 ans). En partie, Paul Biya est passé à l’acte bien vite. Il n’a plus attendu 10 ans, après la grande réforme de l’armée de 2001, pour nommer les premiers jeunes officiers généraux et envoyer les plus âgés en 2e section.

 

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