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GUERRE CONTRE BOKO HARAM – FORCE MULTINATIONALE : CES INSURMONTABLES ÉGOS

GUERRE CONTRE BOKO HARAM – FORCE MULTINATIONALE : CES INSURMONTABLES ÉGOS

Annoncée au sommet de Niamey le 07 octobre dernier, la force de 2800 hommes n’est toujours pas opérationnelle.

Le 07 octobre 2014 les présidents nigérian, tchadien, nigérien et béninois réunis en sommet en la présence du ministre camerounais chargé de la Défense représentant du chef de l’Etat sont convenus d’envoyer chacun un bataillon de 700 hommes dès le 1er novembre 2014 pour constituer la force des pays de la commission du bassin du lac Tchad contre la secte Boko Haram. Le président béninois qui n’est pourtant pas directement concerné par ces terroristes qui opèrent à partir du nord du Nigéria sans dire quelle serait sa contribution avait déclaré que « les intérêts du Bénin sont concernés.

De ce point de vue, c’est une question de vie ou de mort », a-t-il dit. Dans l’euphorie de cette réunion les participants au sommet avaient annoncé l’activation de l’état-major de cette force dès le 20 novembre 2014. On pensait alors que ces pays victimes de la secte terroriste allaient enfin se mettre ensemble pour la combattre mais, il n’en est rien. Selon des sources introduites, le Cameroun, le Niger et le Tchad ont déjà chacun un bataillon prêt à être affecté dans la dite force. Le Nigéria ne se serait pas encore prononcé.

L’état-major de cette force pour sa part n’est toujours pas constitué. Peut-être lors de réunions annoncées les prochains jours les pays de la sous-région pourront-ils enfin se mettre d’accord. Mais, en attendant les uns les autres on s’écharpe. Des militaires camerounais, tout d’abord, n’ont pas apprécié que le poste de commandement de cette opération soit situé au Tchad : « Ce n’est de toutes les façons pas normal que le poste de commandement se situe au Tchad puisque c’est nous qui subissons toutes les pressions dynamiques », explique une source. Faute de s’entendre sur le lieu où sera installé le poste de commandement de cette force, les militaires camerounais ont soulevé d’autres réserves.

Ils ne sont pas d’accord pour se laisser commander par des militaires tchadiens ou nigérians. Pourraient-ils échanger des renseignements avec eux ainsi que les chefs d’Etats l’avaient promis lors du sommet de Paris en mai dernier ? Pour les militaires camerounais, leurs homologues tchadiens, qui sont des guerriers ont une perception de l’exercice militaire différente de la leur. « Ils ont pour la plupart acquis leurs galons sur le champ de bataille. Ils ne sont pas comme nous issus de grandes écoles et n’ont pas la même perception du travail d’état-major. Comment voulez-vous qu’ils puissent coordonner des troupes avec leurs connaissances sommaires de l’art de la guerre ? Impossible », déclare un militaire.

Le fait aussi qu’en octobre dernier, le gouvernement tchadien ait annoncé un accord de cessez le feu entre le Nigéria et les terroristes de Boko haram ravive la suspicion des autorités de Yaoundé qui disent n’avoir pas été contactées lors des négociations de cet accord. Sur le partenaire nigérian aussi les experts militaires camerounais, ne cachent pas leur suspicion. « Des militaires nigérians ont été condamnés à mort dernièrement pour collusion avec l’ennemi. Huit généraux nigérians sont passés devant le conseil de discipline pour complicité avec Boko haram. Nous arrêtons souvent des déserteurs de l’armée nigériane qui combattent avec les terroristes, vous pensez que ce sont ces nigérians qui peuvent poser comme préalable à une collaboration avec nous qu’on leur donne des renseignements stratégiques du genre combien d’hommes sont engagés au front et quels sont leurs armements…, des hommes accusés de complicité avec l’ennemi !

Nous ne pouvons pas leur donner ces renseignements », déclare notre source. Le Niger qui abrite lui aussi une grosse partie de l’opération Berkhane coordonnée par l’armée française ne semble pas être un bon candidat pour commander la force anti Boko haram, disent des militaires.

 

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