Grippe aviaire. La vente se fait sous le manteau

Des installations de fortune servent de points de placement derrière le marché Mvog-Ada à Yaoundé.

 
Les vendeurs de poulet ont changé de tactique. En attendant l’annonce de la reprise des activités dans la filière volaille, certains ont décidé de recommencer le commerce du poulet et ceci sous le manteau. « Vendre du poulet est devenu très difficile, mais on ne se décourage pas pour autant », explique Eric Kouma, l’un des vendeurs au marché Mvog-Ada. Hier matin, ils étaient nombreux sur le site à proposer le produit. Bien que les poulets ne soient guère visibles, les vendeurs sont à l’affût des clientes à l’entrée même du marché. Un sac de marché à la main, le vendeur de poulet soupèse le produit qui se trouve tapi à l’intérieur.  Tout en demandant à la cliente d’y jeter un coup d’œil, et de le suivre.

En fait, c’est derrière un pâté de maisons qu’on découvre un poulailler de fortune. C’est là que Jean Aloga, l’un des vendeurs a établi son commerce. On y trouve près d’une centaine de poulets de chair ainsi que des pondeuses. Le prix d’un poulet oscille entre 2200, 2400 et 5000 F pour les plus gros. Les pondeuses sont proposées entre 2000 et 2500 F. Selon Jean Aloga, l’activité tourne au ralenti, mais impossible de l’arrêter avec la rentrée scolaire prochaine. Un autre business s’est greffé à la vente de poulet. C’est la location. La plupart de vendeurs ont dû trouver chacun, un local ou une place de fortune pour abriter son commerce. Yves Onambelé, dit louer la place qu’il a dénichée derrière une vieille menuiserie à 50. 000 F la semaine. D’autres comme Jean Aloga et son camarade Roger Endelé ont préféré la location quotidienne. Ils ont trouvé à louer une chambre, dépendance d’une habitation derrière le marché. « On paie l’endroit à 5000 F par jour », indiquent les deux vendeurs. Et le poulet continue à se vendre. Un moyen qui ne semble pas gêner les ménagères. Puisqu’elles sont bien là.