Grande mutabilite du monde. L occident peut il se passer du nectar afrique?

C’est une Lapalissade. L’Afrique est au cœur de toutes les convoitises mondiales pour ce qu’elle a de précieux dans son sous-sol. Le ‘‘Nectar Afrique’’ est, aujourd’hui plus qu’hier, au centre d’une féroce et singulière bataille entre puissances dont un affrontement épique entre l’Occident et la Chine inhérent à la nouvelle carte économique du monde.

La Chine prend peu ou prou goût de sa présence sur ce sol très juteux. Faut-il rappeler que la Chine, désormais 3ème partenaire commercial de l’Afrique derrière la France et les Etats Unis, se classe devant l’Italie et la Grande Bretagne ? Elle ne boude surtout pas son plaisir d’être devenue, comme par enchantement, une ‘‘grande amie’’ de l’Afrique et ambitionne même, dans sa grande magnanimité, de devenir son premier partenaire commercial. La situation lui semble favorable dans un monde en très grande mutabilité au regard des conflits qui minent la planète. Notamment la guerre en Syrie qui a occasionné une crise des migrants sans précédent sur le vieux continent et tous les bouleversements géostratégiques inhérents à la menace terroriste sur l’ensemble de la planète, épouvantée par l’EI. La Chine arrivera-t-elle à priver l’occident du ‘‘Nectar Afrique?’’ L’avenir nous le dira.

 

Pendant ce temps, les africains dorment pauvres sur un sous-sol extrêmement riche. Tout porte à croire qu’une forme de ‘‘malédiction’’ (vivement passagère) ferait en sorte que les richesses naturelles du continent soient à la base des malheurs qui annihilent son développement. Puisque, pour contrôler les richesses de son  sous-sol, l’Afrique est devenue en permanence, un champ épars de batailles géostratégiques de puissances parfois encagoulées pour assouvir des desseins inavoués et bassement stomacaux.
 ‘‘Celui qui aura l’Afrique, dominera le monde”.

Dans ce ‘‘récital inaudible’’ des puissances prédatrices, l’Afrique demeure incontestablement la terre promise en matière de ressources naturelles. C’est connu, ‘‘celui qui aura l’Afrique, dominera le monde’’. La Guinée Equatoriale, Le Nigeria et L’Angola possèdent à eux seuls 15% des réserves pétrolières mondiales, sachant que le pétrole est la ressource la plus convoité au monde. 70% des surfaces non encore exploitées se trouvent sur le territoire Africain et leur mise en valeur aiderait à nourrir une population mondiale estimée à 9 milliards d’individus en 2050. L’Afrique à elle seule détient plus du 1/3 des réserves mondiales de minerais, etc.

C’est pour prévenir cette forme de domination perverse des puissances sur les pays dits du 1/3 monde et redéfinir Les rapports Nord-Sud après la deuxième guerre mondiale qu’à l’instigation des gouvernements de Birmanie, de Ceylan, de l’Inde, d’Indonésie et du Pakistan, vingt-trois pays d’Afrique et six d’Asie se  sont réunis, à Bandung, du 18 au 24 avril 1955, à la faveur de la conférence des peuples afro-asiatiques qui représentent plus de la moitié de la population de l’humanité mais seulement 8% de ses richesses. Ce que Nasser avait appelé ‘‘L’Internationale des pauvres’’. Léopold Sédar Senghor avait parlé de la ‘‘mort du complexe d’infériorité’’.

Dans le communiqué final, le 24 avril 1955, après avoir mis en avant leur volonté de coopération économique, culturelle et politique, les nations en quête de développement avaient exprimé leur rejet du colonialisme et dix principes qui plaident pour la coexistence pacifique et le non-alignement. La Conférence afro-asiatique avait discuté des problèmes des peuples dépendants et du colonialisme et des maux résultant de la soumission des peuples à l’assujettissement de l’étranger, à leur domination et à leur exploitation par ce dernier. La Conférence était d’accord pour déclarer que le colonialisme dans toutes ses manifestations, est un mal auquel il doit être mis fin rapidement ; que la question des peuples soumis à l’assujettissement de l’étranger, à sa domination et à son exploitation constitue une négation des droits fondamentaux, de l’homme, est contraire à la charte des Nations Unies et empêche de favoriser la paix et la coopération mondiales ; qu’elle appuie la cause de la liberté et de l’indépendance de ces peuples en faisant appel aux puissances intéressées pour qu’elles accordent la liberté et l’indépendance à ces peuples. 0n peut donc dater la conférence de Bandung, en 1955, comme la première manifestation politique du Sud face au Nord : vingt-quatre pays, dont seize anciennes colonies, refusèrent alors de faire allégeance à l’une ou l’autre des puissances dominantes, les États-Unis et l’Union soviétique.LA BATAILLE POUR UN NOUVEL ORDRE INTERNATIONAL

Le dialogue Nord-Sud va tourner à l’affrontement au début des années 1970. Les pays du Sud vont revendiquer plus nettement un partage du pouvoir au sein des organisations internationales, dominées par les pays riches, principaux contributeurs. Surtout, ils réclament une politique volontariste de redistribution des ressources: puisque la croissance économique ne profitait pas à tous, mais qu’au contraire les inégalités entre pays et entre groupes au sein d’un pays se creusaient, il s’agissait d’instaurer des mécanismes de compensation. En 1971, ils obtiennent la mise en place d’un système généralisé de préférences (SPG), conforme aux recommandations de la Cnuced mais faisant entorse à deux principes fondamentaux du GATT, le principe de non-discrimination et le principe de traitement réciproque: les produits originaires des pays en voie de développement pouvaient faire l’objet d’un traitement tarifaire préférentiel, laissé toutefois à la discrétion des pays développés. En 1973, le premier choc pétrolier, qui pouvait apparaître comme un avertissement du Sud au Nord, va ébranler le système international et accroître les tensions entre pays riches et pays en voie de développement. Ces derniers ont publié une déclaration pour un nouvel ordre économique international (NOEI), qui fut votée en mai 1974 par l’Assemblée générale des Nations unies. 61 ans après la conférence de Bandung, l’Occident peut-il se passer du ‘‘Nectar Afrique ?’’ Difficile d’y répondre.