Grand dialogue national : le verrou de Dion Ngute

Les huit commissions qui forment l’ossature des pourparlers se rapportent principalement au conflit dans le NoSof même si elles s’inscrivent plus dans une posture d’après-crise.

Pour le « grand dialogue national » qui s’ouvre le 30 septembre prochain au Palais des congrès de Yaoundé, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a constitué huit commissions : « Bilinguisme, diversité culturelle et cohésion sociale »; « Système éducatif » ; « Système judiciaire »; « Décentralisation et développement local »; « Reconstruction et développement des régions touchées par la crise »; « Retour des réfugiés et des personnes déplacées »; « Désarmement, démobilisation et réinsertion des ex-combattants » ; et « Rôle de la diaspora dans la crise et contribution au développement du Pays ».

Selon le porte-parole des travaux, George Ewane, chacune d’entre elles sera constituée de 50 délégués, soit 400 personnes au total, représentant les différentes sensibilités sociopolitiques et culturelles du Cameroun. Pour les travaux en plénière, c’est un millier de personnes qui vont croiser le verbe à partir de lundi, en plus des invités qui se compteront parmi les « dirigeants d’Etats, le corps diplomatique, les corps constitués nationaux et plus de 150journalistes», promet George Ewane.

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L’ossature des pourparlers est donc dessinée, même si, à la lecture de la structuration des commissions, il se dégage pour beaucoup une impression de verrouillage et de mise en avant « de la seule volonté du gouvernement, à travers des thèmes de discussion qui l’arrangent, sans tenir compte des véritables enjeux de la crise », commente l’historien et analyste politique Ahmadou Sehou. De son point du vue, toutes ces commissions s’inscrivent dans une posture d’après-crise, comme si la paix était déjà acquise et les armes rangées.