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Gouvernement : panique dans les cabinets

Gouvernement : panique dans les cabinets

Des ministres ont entrepris de déménager leurs bureaux et de mettre en lieu sûr les dossiers secrets et compromettants.

Depuis quelques jours, les cabinets de ministres se vident de leur contenu. On parle des effets personnels de certains membres du gouvernement, notamment les photos de leurs épouses qui répondent désormais aux abonnés absents dans les bureaux, laissant la place au portrait du chef de l’État. Sur les tables de travail autrefois garnis de dossiers en instance ou en étude, le formica brille de sa beauté et donne à voir son éclat.

Dans les salles d’attente, l’on n’est plus nombreux à attendre. Les patrons sont moins enclins à accorder des audiences en cette période où les nouvelles qui viennent de la colline se font de plus en plus précises sur l’imminence d’un remaniement ministériel. En fait, depuis que le chef de l’État a pris ses congés du côté de Mvomeka’a, il y a quelques semaines, et que le dossier du départ en vacances de ses collaborateurs est resté en suspens, la peur s’est emparée de certains membres du gouvernement.

Mais, de mémoire de citoyen, jamais l’attente d’une équipe gouvernementale n’avait nourri autant de passions, de fantasmes et d’émotions. La sortie présidentielle du 31 décembre 2013 avait fini par convaincre les uns et les autres sur le limogeage de collaborateurs tribalistes, plus intéressés par l’ascension et la réussite personnelles et celle de leurs proches, que par l’intérêt général. Ces paroles avaient sonné le glas de l’inertie, et remis en scelle l’opération «Épervier». Chaque mouvement du chef de l’État est interprété comme une touche à la copie finale de son équipe.

Depuis les dernières élections couplées législatives et municipales, le gouvernement est démobilisé. Les ministres ont limité et réduit leur charge de travail, attendant que le président de la République revoie l’équipe gouvernementale et redistribue les cartes. Mais, plus le temps passe, plus cette perspective s’éloigne et attise, alimente et charrie toutes sortes de fantasmes. Le travail gouvernemental est à l’arrêt. Les ministres craignent de s’engager et de prendre des initiatives qui vont être stoppées par un décret du chef de l’État.

Avec l’agenda présidentiel des jours à venir et les récents évènements survenus dans le pays, les membres du gouvernement vivent dans la psychose. Ce qui frise à la longue l’épuisement psychologique, et l’usure du mental des uns et des autres. Certains en sont à se demander si cela aura lieu avant le départ au sommet Afrique-Amérique prévu du 4 au 6 août prochain, ou alors, si le chef de l’État attendra de revenir de son voyage pour nettoyer son équipe.

La hausse des prix des carburants, des tarifs du taxi, la ratification des Accords de partenariat économique (Ape), le relèvement des salaires des fonctionnaires constituent aussi autant d‘éléments qui finissent par convaincre les uns et les autres que le remaniement est une affaire remise à plus tard. Car, le chef de l’État a besoin de ses collaborateurs pour apaiser les esprits, éteindre les velléités de déstabilisation et délivrer le message de paix aux populations.

 

 

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