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Gouvernance: La leçon d’Ali Bongo à Paul Biya

Gouvernance: La leçon d’Ali Bongo à Paul Biya

Après le diagnostic du 31 décembre dernier, le Chef de l’Etat gabonais a nommé un nouveau Pm et dévoilé son «pacte social».

Le discours d’auto-flagellation délivré par le Président de la République, Paul Biya, le 31 décembre dernier à la nation était censé poser les bases d’une refondation de la gouvernance au Cameroun. En prônant la mise sur pied d’un «véritable plan d’urgence», Paul Biya a laissé prospérer l’imminence de la «fin de la récréation». Le premier électrochoc attendu était la formation d’un nouveau gouverne¬ment et le recadrage de ses missions. Un mois jour pour après le message du nouvel an, Paul Biya n’a curieuse¬ment rien changé. Pas de nouveau gouvernement, pas de «plan d’urgence».

Tout proche, au Gabon, le discours de fin d’année prononcé par Ali Bongo avait également une tonalité offensive. En dépit du fait que les programmes développés par son gouvernement ont permis au pays d’obtenir des taux de croissance de l’ordre de 5 à 6% ces quatre dernières années (contre 2% auparavant) Ali Bongo a, le 29 janvier dernier, remanié celui-ci et nommé un nouveau Premier Ministre, en l’occurrence Daniel Ona Ondo. Ce remaniement est, en réalité, la conséquence d’un rapport commandé en octobre 2013 par le Chef de l’Etat sur l’état de la pauvreté au Gabon.

Subventions

Ledit rapport qui établissait qu’environ 30% de la population est considérée comme économiquement faible, que près de 55% des foyers économiquement faibles vivent dans les grandes agglomérations et 45% en milieu rural, que 60% des départements sont en décrochage en termes d’accès aux minimas sociaux de base, etc. La nouvelle équipe gouvernementale sera donc chargée de mener terme le nouveau «pacte social» scellé entre le Chef de l’Etat et le peuple gabonais. Ali Bongo a clairement signifié à son nouveau Premier Ministre que le gouvernement qu’il conduit n’aura pas d’état de grâce, ni de période d’apprentissage. «Il n’aura qu’un seul objectif qu’un seul mot d’ordre: Réussir». Cette réussite consistera, entre autres, à aider les populations économiquement faibles à développer des activités génératrices de revenus sur l’ensemble du territoire national, par une offre de financement diversifiée pour soutenir les projets dans les domaines à fort potentiel d’emplois tels que l’agriculture, l’élevage, la pêche, le tourisme, l’artisanat ainsi que les services et les petites transformations.

Pour Ali Bongo «le gouvernement qui vient d’être formé à l’impérieux devoir de gagner cette guerre contre la pauvreté, dont l’enracinement pourrait mettre en péril l’équilibre de la nation et notre traditionnel vivre ensemble». Parmi les mesures concrètes décidées par le Président gabonais, l’on note «la reforme de certaines subventions notamment celles liées aux produits pétroliers afin de les mettre en adéquation avec nos politiques publiques et en particulier avec le nouveau pacte social». Le gouvernement doit également «renégocier les conventions collectives par secteur d’activités», «légaliser le mariage coutumier afin de renforcer la protection des conjoints et des enfants», etc. Au Cameroun, après le 31 décembre 2013, le peuple attend en vain l’action. Au fait, que se passe-t-il à Mvomeka’a?

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