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GILBERT NDZANA OLONGO, «DANS LE RDPC, LA DÉMOCRATIE EST UN SLOGAN CREUX !»

GILBERT NDZANA OLONGO, «DANS LE RDPC, LA DÉMOCRATIE EST UN SLOGAN CREUX !»

Gilbert Ndzana Olongo , militant du Rdpc, secrétaire général de la Confédération des syndicats indépendants du Cameroun (CSIC). Le militant de base de la Lekié (Lobo) revient sur son exclusion temporaire des rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais pour une durée de dix-huit mois.

Comment avez-vous accueilli votre exclusion temporaire du Rdpc ?
Une publicité obscène et de mauvais goût, un acte de banditisme politique dont aurait pu se passer le Rdpc. J’avoue que c’est avec consternation que j’ai suivi le communiqué portant sur mon exclusion temporaire de 18 mois du Rdpc, ce d’autant plus que je n’ai jamais été convoqué à la commission de discipline.

Qu’est-ce qui aurait motivé cette sanction surprise?
J’ai comme l’impression que vous me demandez de déterminer le sexe d’un ange. Comment puis-je savoir ce qu’on me reproche dès lors que les griefs portés contre moi ne m’ont pas été notifiés. Le seul acte à ma connaissance  que j’ai posé avant les élections, c’est le recours en disqualification de la liste Rdpc de Lobo qui n’a pas obéit aux prescriptions de consensus dictées par la lettre circulaire du président national d’une part, et d’autre part, cette liste a été suscitée par les faiseurs de rois de la Lékié, sans tenir compte de l’avis du chef politique de la Lékié Sud qui reste encore le camarade Koah Songo Gabriel, président de section. Si ce dernier avait été un tant soit peu consulté, il n’aurait jamais mis de côté les camarades qui font rayonner et font la fierté du parti à Lobo. Enfin, pour combler sa liste, le camarade Bindzi Ebode a eu recours pour la plupart, à une bande d’illettrés nécessaires pour assurer le vote mécanique et sans véritable débat des résolutions lors des conseils municipaux.

Avez-vous entrepris des voies de recours suite à cette décision?
Je n’ai fait aucun recours contre cette sanction. Au contraire, je voudrais réorienter mon combat politique dans les mois à venir pour que les populations de la Lékié ne suivent plus ces prévaricateurs et autres prébendiers comme les moutons de panurge. Ils passent le plus clair de leur temps à la manipulation et à la masturbation des consciences des pauvres populations désabusées, à distiller des discours pleins de démagogie, à promettre monts et merveilles aux populations de la Lékié. Ces élites militent pour satisfaire leur appétit glouton et leur positionnement personnel. Ils se cachent derrière le Rdpc pour ne pas répondre de leurs détournements de fonds publics devant le Tribunal Criminel Spécial.

Est-ce que vos activités de syndicaliste ne sont pas liées à votre exclusion?
Mes activités syndicales n’ont rien à voir avec la sanction qui me frappe. Je suis un partenaire privilégié du gouvernement dans le cadre du dialogue social et la paix dans les entreprises, nécessaire pour le développement économique et social du Cameroun. J’entretiens par ailleurs de très bons rapports séculaires avec le ministre en charge des questions du travail qui est malheureusement ou heureusement secrétaire général adjoint du Rdpc.

Comment entrevoyez-vous votre avenir politique au sein du Rdpc ?
Au regard du développement de tous ces évènements, je n’entrevois aucun avenir politique au sein du Rdpc. Je suis convaincu que les discours politiques et autres slogans des dirigeants de ce parti ne sont pas en phase avec la réalité, à partir du moment où on sanctionne un militant parce qu’il aurait formé un recours en annulation, en vertu des dispositions règlementaires du code électoral contre une liste de son parti, vous comprenez aisément que la démocratie que l’on claironne est un slogan creux. Ce parti qui n’admet pas l’émulation et le jeu démocratique, encore moins la confrontation et le débat d’idées à l’intérieur, est appelé à mourir. Le pluralisme de candidatures que nous avons observé à Lobo était plutôt un signe de vitalité du parti. En prenant la responsabilité de sanctionner les camarades qui ont émis des points de vue différents que les pontes du régime débarqués du Comité central, le Rdpc a remis sur la table, les pratiques d’une autre époque digne du stalinisme et signé son propre arrêt de mort.

A la lecture de votre lettre ouverte au Président national du Rdpc, on dirait que vous déniez au Rdpc le statut de parti de rassemblement…
Allez demander à Ngah Koumda et à Koah Songo que nous continuons à considérer comme les meilleurs députés de la Lélié de tous les temps, si ce parti politique est vraiment un parti de rassemblement. Regardez comment Martine Aubry, maire de Lille, ancien secrétaire général du parti socialiste et les députés dits frondeurs, critiquent ouvertement les grandes orientations du gouvernement et vont même jusqu’à voter contre les projets de loi déposés par la majorité socialiste à l’Assemblée nationale. Ont-ils étaient pour autant exclus du parti ? Il y a longtemps que ce parti a cessé d’être un parti de rassemblement. La preuve, nous subissons les persécutions politiques parce que nous refusons de partager les méthodes de sélection que les camarades parachutés du Comité central nous ont imposées, en violation des prescriptions de la lettre circulaire du Président national qui imposait le consensus en cas de pluralité de listes. Le Rdpc a continué à se discréditer et n’a plus un avenir radieux dans ce département où les populations sont considérées comme du bétail électoral.

Comment avez-vous appréhendé « l’appel de la Lékié » prétendument attribuée à votre département par une petite clique de son élite?
« L’appel de la Lékié » n’est plus ni moins qu’une déclaration de guerre civile contre nos frères des régions septentrionales. N’ayons pas peur des mots, c’est un acte politique inopportun et dangereux pour la paix et la stabilité dans notre pays. J’ai eu l’occasion de le dire dans ma lettre au Président national du parti. Les populations de la Lékié, dans leur immense majorité, ne se sentent pas concernées par cet « appel ». En prenant sur eux la lourde responsabilité de stigmatiser nos frères du Nord sur le phénomène Boko Haram, la Lékié est devenue, du fait de ces fauteurs de troubles, un laboratoire par excellence d’expérimentation de la propagande des génocidaires rwandais, des anti balakas et sélékas de Centrafrique, et des forces nouvelles de Côte d’Ivoire qui ont installé leurs pays dans une spirale de violence, rompant ainsi avec l’hospitalité légendaire reconnue aux populations de la Lékié qui vivent en parfaite harmonie avec nos frères du Nord à Obala, Sa’a, Monatélé, etc. Cet « appel » dit de la Lékié n’engage donc que leurs auteurs. En ces temps où notre armée fait face à la guerre contre Boko Haram, nous avons plus que jamais besoin d’unir tous les fils et filles de notre pays pour entretenir une union sacrée autour de nos vaillantes forces armées afin de vaincre à jamais cet ennemi déclaré. Enfin, je remercie votre journal d’avoir bien voulu m’offrir cet espace pour m’exprimer sur l’actualité politique relative à certaines décisions du président national du Rdpc. Concernant la Lékié, je ne saurai avoir la prétention de parler pour tout le Cameroun.

 

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