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Gestion des déchets hospitaliers: L’exigence d’un opérateur unique d’incinérateur à Yaoundé

Gestion des déchets hospitaliers: L’exigence d’un opérateur unique d’incinérateur à Yaoundé

Pour pallier le déficit en personnel et moyens techniques pour gérer quand on a un incinération des déchets dangereux. Les moyens de bord utilisés par les centres de santé mettent en danger la vie des populations.

Un tour dans les bacs à ordures à proximité de certains centres de santé dans la ville de Yaoundé et ses environs permet de se rendre à l’évidence. En dépit des risques que comporte cette activité, une grosse partie des déchets des hôpitaux à risque infectieux est déposé dans ses poubelles destinées aux déchets des ménages. L’autre partie est enterrée à l’intérieur des hôpitaux qui ont des fosses. Tandis qu’une petite proportion est brûlée. D’après Emmanuel Ngnikam, coordonnateur de l’Ong Environnement recherche-action, deux types de déchets émanent de nos formations sanitaires. Le premier, produit dans les espaces de vie l’hôpital est assimilable aux déchets ménagers par conséquent ne pose en principe aucun problème. Il n’en est pas de même du second type qui est directement lié à l’activité hospitalière notamment les déchets anatomiques, de laboratoires. Dont certains ont des composants radioactifs. Appelés par les experts : déchets d’activités de soins à risque infectieux parce qu’ils sont dangereux, leur gestion nécessite beaucoup d’attention. Pourtant !

Il est préconisé pour ce type de déchets de les incinérer et leurs cendres traitées dans des décharges spécialisées pour déchets dangereux. Et c’est là que le bât blesse. Car dans ce registre, les formations sanitaires rivalisent d’ingéniosité hélas parfois dangereuse pour se débarrasser de leurs déchets. Si quelques hôpitaux ont des incinérateurs, ce serait le cas de l’hôpital central de Yaoundé, mais on n’a pas pu savoir s’il était toujours fonctionnel ; de l’Hôpital de la Caisse qui a un moment a été contraint pour cause de panne à envoyer ses déchets à Douala chez un privé ; beaucoup se débrouille à la petite semaine. Soit en créant des espaces pour l’enfouissement soit en brûlant sans autre forme de procès.

De toutes ces mesures, les experts pensent qu’enfouir : « C’est le moindre mal » parce qu’ainsi on confine le risque dans un endroit qu’on peut contrôler. Toutefois, ce qui est intéressant c’est si en enterrant on les encapsule par exemple dans les fûts avec couvercle hermétiquement fermé. Ce serait comme un stockage longue durée de manière à ce que si l’hôpital a les moyens de reprendre les déchets pour les traiter par incinération, il peut les déterrer. Malheureusement, regrettent-ils « on creuse simplement une fosse dans laquelle on enfouit ces déchets dangereux. Ce n’est pas ce qui est recommandé mais c’est le moindre mal. Le risque étant que quelqu’un aille travailler sur cet espace et se fasse contaminer ». Raison pour laquelle ces espaces doivent être clôturés pour éviter le contact avec les humains. Mais insiste Emmanuel Ngnikam, « C’est mieux que pour ceux qui vont jeter dans les bacs à ordures avec le risque que les enfants puissent y aller, le risque de blessure pour le personnel qui doit gérer cela en décharge, etc. ».

Confier ce job à des pros

Le grand danger réside dans ce qu’il appelle le « brûlage ». Car, en guise d’incinérateur qui est un dispositif contrôlé avec possibilité de traiter les fumées, de nombreuses formations sanitaires, les centres de santé notamment, dans la ville de Yaoundé et ses environs disposent en réalité de foyers sommairement bâtis. En procédant au brûlage dans ces espaces non appropriés, les déchets brûlés libèrent de toxines dangereuses. Afin de faciliter la gestion des déchets hospitaliers, des organisations non gouvernementales préoccupées par ces questions recommandent pour Yaoundé d’avoir un opérateur unique d’incinération. Parce que, « quand chaque hôpital va chercher son incinérateur, il n’a pas le moyen en personnel, il n’a pas les moyens technique pour pouvoir gérer cet incinérateur », justifie Emmanuel Ngnikam.

En outre remarque ce technicien, « les hôpitaux à Yaoundé ne produisent pas de grosses quantités de déchets à incinérer. Avec un seul incinérateur avec une capacité bien réglée à Yaoundé, ça permet de gérer les déchets de tous ». En ce moment, les hôpitaux payent à ce percepteur-là pour voir incinérer leurs déchets, cela évite les problèmes de gestion de panne des incinérateurs à ajouter à leur mission déjà très délicate. « En réalité, ce n’est pas le job de l’hôpital qui a pour mission de soigner les gens. Ils doivent par conséquent confier la gestion de leurs déchets à ceux à qui revient la responsabilité ».

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