GASPILLAGE : LE TRAIN DE VIE DE L’ETAT

GASPILLAGE : LE TRAIN DE VIE DE L’ETAT

Gouvernance. Carburant, véhicules, comités sans objectifs, missions fictives chèrement payées… notre pays croule du fait de l’inconscience de certains de ses dirigeants.Le chef de l’Etat lors du dernier conseil ministériel a fustigé la multiplication de ces structures « inappropriées ».Comité de Pilotage du projet de création des centres de formalités des entreprises, programme de réforme du soussecteur engrais, programme d’appui au développement de la filière champignons comestibles, Projet d’amélioration de la compétitivité agricole, cellule d’appui à la maîtrise d’ouvrage du projet d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga, comité de pilotage et de suivi des études de faisabilité détaillées et bancables en vue de la réalisation des projets d’approvisionnement du marché en gaz et en produits pé- troliers, commission spéciale de passation des marchés auprès du Projet de renforcement et d’extension des réseaux électriques de transport et de distribution ; Comité de Coordination des Aides
au Développement etc.

Qu’ont-ils en commun ? 

D’être des structures créées dans différentes administrations sans qu’on n’aperçoive les résultats sur le terrain. Des fonctionnaires y travaillent, ils y émargent.

Ainsi, dans les services publics au Cameroun, presque tout le monde est membre d’un quelconque comité ou commission dont l’existence ne se trouve que dans les textes qui les créent. Ils décaissent régulièrement de l’argent public pour leur « fonctionnement». Des millions. Des milliards sortent des caisses de l’Etat pour les comptes privés sous le prétexte de gérer tel ou tel comité ou projet.

Sur le site de la Primature ou le Minader, il serait fastidieux de lire tous les arrêtés portant création de tel comité ou projet. En fin de compte, tout le monde est président de quelque chose. Paul Biya, le président de la République a dû faire ce constat lors du dernier conseil ministériel. « Je tiens à attirer une nouvelle fois votre attention sur la nécessité de rationaliser les dé- penses et d’améliorer leur qualité dans un contexte international marqué par la rareté des ressources financières. En effet, il m’a été malheureusement donné de constater que la qualité de la dépense publique n’a cessé de se détériorer, avec notamment une accumulation de dépenses dont la nécessité n’est pas évidente. J’en citerai quelques exemples : (…) -La multiplication des comités et des projets inappropriés (…) », s’est-il plaint.

Il ne se passe pas un seul jour sans qu’on lise sur des banderoles des informations annonçant une cérémonie d’installation des membres désignés d’un comité chargé de suivre la commission qui va travailler sur un avant-projet pour la validation d’un organigramme d’une structure X.

Certaines banderoles et autres communiqués dans ce sens suscitent vraiment de la curiosité. Et c’est comme ça que les réunions interminables s’enchaînent chaque semaine. Chaque membre doit décharger ses perdiem jusqu’à bout d’un an avant de produire un rapport. A ce moment-là, un autre comité sera désigné pour sa validation. Le projet peut alors être mis en place en même temps  qu’une autre commission consultative.

Mais entre-temps, le budget alloué au projet est épuisé. Et on abandonne pour se faire nommer dans un autre comité, pour les mêmes desseins. C’est peut-être caricatural, mais il est comme ça le Cameroun.

 

camernews-Vehicule-Biya

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