Garde Presidentielle : Une affaire de distraction de plus d’une 1,5 milliards FCFA

Garde Presidentielle : Une affaire de distraction de plus d’une 1,5 milliards FCFA

La Garde présidentielle est-elle une pétaudière ? Elle fait l’objet de faits cocasses à répétition. La dernière en date est la disparition d’une importante somme d’argent dans les fonds de souveraineté du commandant Beko’o

JUSTE APRÈS LE DÉPART du Chef de l’Etat Paul Biya pour le Sommet Union Européenne – Afrique des 2 et 3 avril 2014, la Garde présidentielle a été secouée par une affaire de distraction d’une colossale somme d’argent dans les services du commandant. On parle d’un montant dépassant le milliard et demi de francs cfa. Dès l’ouverture des enquêtes, le Sergent Ayolo, Garde de corps du Commandant de la Garde présidentielle, le Lieutenant-colonel Raymond Beko’o Abondo a été interpellés et gardé a vue pour les besoins de la cause par le Commandant Bombak, du Groupement de gendarmerie de Yaoundé. Après l’avoir auditionné, il a été libéré le jeudi 18 avril.

Une libération qui suscite des interrogations au sein de la grande muette. Est-ce parce qu’il a été innocenté qu’il n’a pas été déféré devant le Commissaire du gouvernement du Tribunal militaire de Yaoundé ? Est-ce pour éviter que l’affaire ne prenne des proportions pour mieux l’étouffer afin que le président de la République, chef des armées ne soit au parfum ? Où alors, est-ce parce que l’on a finalement retrouvé les traces de cet argent ?

Difficile d’avoir une réponse en ce moment où l’enquête semble être classée sans suite. Mais déjà, les commentaires vont bon train dans les casernes de la Gp et au ministère de la Défense. Pour certains, les casseroles que la Gp essuient ces derniers temps sont le fait que le président de la République ait confié un important et sensible corps entre les mains d’un jeune officier. Mais pour d’autres, le Commandant de la Gp, Raymond Charles Beko’o Abondo est victime des réseaux solidement implantés de ses prédécesseurs.

Principalement du Contre-Amiral Jean Mendoua. Qui malgré qu’il ait été promu Chef d’Etat-major de la marine camerounaise continue à avoir un droit de regard, certes passif mais nuisible sur ce corps d’élite. Surtout qu’on se rappelle que sa nomination en lieu et place du Colonel Etoundi Nsoe à la tête de la Garde présidentielle, une unité d’élite généralement commandée par les officiers supérieurs au rang de Colonel, avait suscité beaucoup de réprobations.

Surtout qu’il a fallu onze moins après sa prise de fonction pour qu’il bénéficie d’un avancement qui l’a promu au grade de Lieutenant-colonel. Et pour lui faciliter la tâche, tous ceux qui avaient un grade supérieur au sien ont été reversé dans d’autres unités et corps. Afin qu’il soit le seul officier supérieur au grade le plus élevé de la Garde présidentiel. Ce qui lui donnerait les coudés franches. Et au finish, qu’il impulse sa marque.

Surtout qu’il est arrivé aux commandes de ce corps d’élite aux lendemains de la grogne des éléments de la Gp qui contestaient que les éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir) leur soient préférés lors de l’escorte des cortèges présidentiels. Et au final, cette tension avait été émaillée par l’anecdote du soldat Donald Abena Meblakam qui avait, en guise de coups de semonce tiré des coups de feu après le passage du cortège présidentiel au niveau d’Elig Edzoa.

Cette affaire venait s’ajouter aux nombreuses autres. A l’instar de l’affaire de la mallette présidentielle disparue lors de l’un de ses séjours privés en terre helvétique, de la gestion calamiteuse du service des essenciers de la Gp, avec l’instauration d’un trafic vaste qui avait étendu ses tentacules jusqu’à la Sonara au point qu’un des responsables, le capitaine Essomba s’était donné la mort après s’être tirer plusieurs balle à la tête. Depuis sa prise de fonction, on disait alors la sérénité revenue et que la Garde présidentielle roulait sous les eaux sereines.

Ce d’autant plus qu’il avait réussi à obtenir du président de la République, la majorité des revendications de la dernières grogne. C’était alors aller très vite en besogne.

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