Gabegie au parlement camerounais : Tomaino Ndam Njoya dénonce l’ingérence gouvernementale

Sur le terrain depuis la semaine dernière pour la tournée parlementaire dans le département du Noun, le porte-parole des députés Udc à l’Assemblée Nationale du Cameroun déplore l’influence de l’exécutif dans quasi tous les actes qui sont posés au parlement. Un vrai malaise, selon l’élue du peuple« Le Cameroun est par nous tous et pour nous tous ». Ces propos pleins de signification dont l’auteur n’est autre que le Dr AdamouNdamNjoya dans une de ses revues sur la crise dite anglophone qui secoue le pays depuis plus d’un an aujourd’hui, a servide slogan par les députés de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC), parti politique dont lui-même AdamouNdamNjoyaen est le président national, pour conduire à travers les neuf Arrondissements du département du Noun la tournée de compte rendu parlementaire, devenue une tradition annuelle au sein de cette famille politique.Cettetournée aura servi de baromètre essentiel pour mesurer la popularité et la ferveur militante, à un an des échéances électorales au Cameroun.

S’il ya des étapes qui ont marqué le plus d’esprits, celles de Kouoptamo et Bangourain auraient été d’une particularité inouïe, ces deux Arrondissements récupérés au forceps des mains de l’Udcpar le parti au pouvoir, le Rdpc, à la faveur des consultations électorales de 2013. La ferveur militante observée ça et là montre à suffire que malgré que le parti de NdamNjoya ait perdu la main en ce qui concerne la gestion des municipalités dans ces localités, les responsables politiques locaux n’ont pas baissé la garde. Ils œuvrent quotidiennement non seulement pour revenir aux affaires, mais aussi et surtout pour sortir les citoyens de la clandestinité.Ils tenaient d’ailleurs à le réitérer devant leur président national, à travers des chapelets d’activités présentés à chaque étape.

Des actions satisfaisantes pour Dr AdamouNdamNjoya qui peut saluer ce réalisme politique qui repose sur des valeurs éthiques et morales.« A l’Udc nous avons compris ce que c’est le pouvoir et ce que c’est la politique, à quoi sert le pouvoir et à quoi sert la politique », a-t-il déclaré, avant de préciser que le pouvoir et la politique c’est pour permettre à chaque citoyen d’apporter sa contribution à la construction, et d’en tirer profit des retombées. D’où ce slogan : « Le Cameroun est par nous tous et pour nous tous », en opposition à la politique de conservation et de confiscation qui voudrait que tout tourne autour d’une famille politique, soit-elle proche du pouvoir. En arrivant à Bangourain le Jeudi 02 Novembre aux encablures de 20h45mn, personne ne croyait retrouver les militants qui attendaient leur président national depuis le matin.

Certains membres de la délégation, après Kouoptamo, voyant la nuit tombée et considérant la distance qu’il fallait parcourir pour rallier cet arrondissement limitrophe au Nord-ouest, n’ont pas manqué de suggérer le report de cette étape, de peur que ce soit un fiasco, surtout que des arrêts pour des courtoisies étaient prévus, à l’effet de saluer des militants éplorés ou victimes de la maladie. Mais cependant, la grande curiosité reste cette liesse populaire les abords des routes dès l’entrée de Bangourain, malgré la nuit, chantant et dansant. D’aucuns qui, après avoir attendus avaient déjà regagné leurs domiciles respectifs ont dû reprendre le chemin pour le centre ville, notamment, la place des fêtes où se tenait la rencontre. L’émotion est à son comble. Le porte-parole des députés Udc s’ouvre alors au public

Du rôle trouble de l’exécutifCette tournée parlementaire dans le Noun a inéluctablement constitué un moment essentiel pour les députés Udc de communier avec la base militante du parti. Et davantage, rendre compte des activités menées quotidiennement à l’hémicycle pour le bien être des citoyens. Dans ses sorties à cet effet, l’honorable Tomaino Hermine Patricia NdamNjoya, porte-parole des députés Udc à l’Assembléenationale a dénoncé avec véhémence à chaque fois, l’amalgame qui caractérise l’Assemblée Nationale ou mieux le parlement camerounais. Notamment, l’ingérence caractérisée de l’exécutif dans le législatif qui dilue considérablement le travail des députés. « Les lois votées à l’Assemblée Nationale sont introduites par le gouvernement et non par les députés », déclare le porte-parole des députés Udc à l’Assemblée Nationale, avant de relever que « ces lois votées sont celles qui permettent à l’exécutif d’asseoir sa suprématie et garantir de ce fait la longévité au pouvoir de l’éternel président ».

L’élue du peuple pense que si les députés au Cameroun jouaient pleinement leur rôle, il serait facile d’endiguer par exemple la crise anglophone qui perdure, par l’organisation d’un débat sincère et franc à l’Assemblée Nationale, et ensuite commettre sur le terrain une délégation des députés pour s’enquérir de la situation, des vrais problèmes posés. L’Assemblée Nationale en a ce pouvoir en tout cas. Malheureusement, les émissaires envoyés sur le terrain jusque-là sont soit les membres du gouvernement originaires des régions théâtres de la crise, soit les élus de ces deux régions, appartenant très souvent au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais. Ce qui réconforte plutôt l’hypothèse de l’existence d’une guerre tribale au Cameroun. « Le pouvoir en place croit que la gestion du Cameroun relève de sa seule compétence », relève Tomaino qui déplore le fait pour certains députés de se laisser enfiler sous les bottes d’un exécutif alors qu’ils ont un pouvoir à eux conféré par la constitution.