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Fraudes douanière et fiscale : La Soacam dans la tourmente

Fraudes douanière et fiscale : La Soacam dans la tourmente

L’entreprise du milliardaire Nana Bouba coincée dans une opération mafieuse de vente illégale à l’exportation. Un manque à gagner de plus de 80 milliards Fcfa pour l’Etat du Cameroun.

Qu’est-ce qui peut bien amener un opérateur économique, de surcroit membre influent du comité central du Rdpc, à élaborer ou du moins à concevoir au sein de son entreprise un système de fraudes dont le dessein premier est de ne remplir ses obligations fiscales vis-à-vis de l’Etat ? Cette question reste d’actualité aux lendemains de la découverte au ministère des Finances d’un vaste réseau de détournement des crédits TVA mené de main de maître par un groupe de sociétés opérant dans le secteur des oléagineux avec comme tête de proue Azur et Soacam dirigés par un certain Nana Bouba.

Au ministère des Finances, en dépit de l’arrogance affichée par les auteurs de cette forfaiture économique qui a fait perdre au trésor public plus de 100 milliards de Fcfa, toutes les mesures sont prises pour permettre à l’Etat de rentrer dans ses droits. Et le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey qui suit personnellement ce dossier scandaleux, n’entend pas lâcher prise au moment où le gouvernement est à la recherche des fonds substantiels pour financer les projets structurants susceptibles de faciliter une croissance à deux chiffres.

Ventes à l’exportation

Nana Bouba et ses experts en faux et usage de faux ne se sont pas seulement spécialisés dans le détournement des crédits relatifs à la Taxe sur la Valeur Ajoutée, TVA. Ils ont utilisé, par le biais de la société Soacam, une mesure spéciale du Président de la République visant à lutter contre la vie chère pour permettre à cette entreprise qui est loin d’être citoyenne, de réaliser de gros bénéfices sur le dos des consommateurs. En 2008, alors que les Camerounais s’en remettent difficilement des émeutes de la faim, une décision du Chef de l’Etat accorde des exonérations douanières aux entreprises important certains produits de première nécessité à l’instar du riz.

Les produits exonérés sont supposés d’être écoulés sur le marché local à de bas prix. Nana Bouba et Soacam ne l’entendent pas de cette oreille. Ils sautent sur cette occasion en orientant des cargaisons de riz sorties du port de Douala vers les pays voisins comme le Tchad et le Nigeria où cette denrée de première nécessité sera vendue à prix d’or. La fraude se déroule avec la complicité des cadres de la douane originaires de la région de l’Adamaoua. Et selon une source de l’enquête proche du ministère des Finances, ce hold-up aurait coûté à l’Etat plus de 80 milliards de Fcfa ; l’équivalent du budget de fonctionnement et d’investissement de trois ministères au Cameroun.

Une menace pour la compétitivité

Ces coups tordus qui deviennent de plus en plus régulières dans un environnement économique où la concurrence est loin d’être loyale, pose le problème de la compétitivité des entreprises et leur survie. Pendant que certaines sociétés font des sacrifices pour payer leurs impôts ; et que d’autres négocient des moratoires en vue de sortir du cycle infernal de l’insolvabilité, des délinquants économiques à col blanc, abusivement appelés hommes d’affaires, orchestrent des raids financiers dévastateurs qui privent l’Etat de ses recettes. Et l’on ne saurait réellement parler de compétitivité ou de performance lorsque des acteurs de la scène ne payent pas, ne déclarent pas totalement ce qu’ils importent et gagnent mais exigent des remboursements de crédits TVA. Cela s’appelle du banditisme économique.

L’Etat qui a instauré un dialogue entre les secteurs public et privé, à travers des forums d’échanges présidés par le Premier ministre, chef du gouvernement,  devrait véritablement saisir le taureau par les cornes en instaurant un système de contrôle régulier au sein  des entreprises ; ou en imposant des inspections des agents de la Conac. Une telle démarche citoyenne ramènerait à de meilleurs sentiments des irréductibles comme Nana Bouba et compagnie ; à défaut d’ouvrir à leur encontre une procédure disciplinaire interne au sein de leur formation politique dont ils piétinent une idéologie qui prône le respect de certaines valeurs comme le bien-être commun./.

 

 

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