France-Cameroun, Une relation ancienne

L’histoire du Cameroun et celle de la France se croisent dès la deuxième décennie du 20e siècle. Pendant la première Guerre mondiale déclenchée en 1914, les Français et les Anglais, puissances alliées, décident de s’emparer du Cameroun, alors sous protectorat allemand depuis le Traité germano-douala du 12 juillet 1884.

Le 20 février 1916, après 18 mois de résistance, le capitaine allemand Raben, retranché à Mora, dans l’actuelle région de l’Extrême-Nord, accepte de se rendre et obtient du général français Aymerich les honneurs de la guerre. Le 4 mars 1916, un accord franco-britannique octroie la plus grande partie du Cameroun à la France (Cameroun oriental, 4/5e du territoire), la Grande-Bretagne se réservant deux zones limitrophes du Nigeria (1/5e) qu’on appelle le Cameroun occidental.

C’est ainsi que de 1919 à 1945, la plus grande partie du Cameroun est placée par mandat international de la Société des nations (SDN) sous l’autorité de la France. Le Cameroun est cependant  administré pendant cette période comme un territoire sous mandat.  Puis, au lendemain de la deuxième Guerre mondiale, le Cameroun oriental, jusqu’à son indépendance en 1960,  est administré comme un territoire sous tutelle, après la création de l’ONU.

Sous mandat de la SDN, la France pratique dans le Cameroun oriental une politique d’administration directe, mais l’adapte quand cela s’avère nécessaire aux conditions locales. C’est surtout le cas dans le Nord où les Lamibé conservent une partie de leurs pouvoirs.

Dès 1923, d’après les historiens, la France se lance dans un grand programme d’équipements : construction du port de Douala, achèvement du chemin de fer du Centre, création de routes et d’aérodromes. Sur le plan agricole, l’administration favorise la culture du cacaoyer, du caféier et de la banane. Des centres agricoles se créent dès 1927.

Sur le plan éducatif, l’enseignement public et missionnaire s’étend. 350 000 élèves dont 8 000 dans le secondaire  sont enregistrés en 1952  dans les écoles missionnaires, contre 87 000 élèves en 1938. L’action médicale se caractérise par l’œuvre remarquable du docteur Jamot, vainqueur de la maladie du sommeil.

Après l’éclatement de la deuxième Guerre mondiale en 1939, la France perd des batailles mais ne renonce pas face à l’armée allemande du troisième Reich. Le général de Gaulle lance l’« appel du 18 juin 1940 » et  recherche des alliés pour organiser la résistance. C’est dans ce contexte que le colonel Leclerc débarque à Douala le 26 août 1940  et recrute des milliers de volontaires qui iront se battre pour  libérer la France des griffes des forces nazies. Puis, arrive la Conférence de Brazzaville le 30 janvier 1944 qui recommande de profondes réformes politiques et administratives, notamment la création d’assemblées locales élues. Le Cameroun aborde ainsi à la fin de la guerre en 1945 un virage qui le conduira vers son indépendance.

A partir de 1946, le Cameroun sous tutelle française est représenté dans les assemblées politiques françaises, à l’égal des territoires d’outre-mer de la France. En 1957, la loi-cadre applicable aux territoires d’outre-mer est étendue au Cameroun qui acquiert, en décembre 1958, la pleine autonomie interne. L’Assemblée législative du Cameroun sous tutelle française manifeste sa volonté d’obtenir à brève échéance l’indépendance du pays. Avec l’appui de l’ONU,  cette indépendance est proclamée le 1er janvier 1960. Mais, les relations avec la France demeurent étroites. L’établissement des relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs intervient d’ailleurs sans tarder en 1960.