Franc CFA : La sortie du compte d’opération sera-t-elle une catastrophe ?

Les célèbres économistes et analystes financier Babissakana, Agbohou Nicholas, Prof Mamadou Koulibaly, et bien d’autres sont tous formels, il faut rompre avec le FCFA, tous sauf le professeur Dieudonné Essomba qui lui pense que la rupture avec cette monnaie serait suicidaire pour les pays africains, sauf après la monnaie binaire. Pourtant, il est claire que le maintien de cette monnaie a toujours été influencé par la pression et menaces contre nos différents dirigeants, pour Nicholas Agbohou, cette décision relève simplement d’une décision politique avec toutes les conséquences liées aux risques de déstabilisation des états.

Le professeur Tchuidjang Puemi est mort parce qu’il prônait une rupture avec le FCFA, après le refus de Sekou Touré d’adhérer à cette espace monétaire, selon les archives françaises, la France à travers le réseau Foccart va inonder le marché Guinéen de fausse monnaie en détruisant toutes les entreprises françaises installée dans le pays. De la même manière, l’occident va amener l’Onu à valider une résolution donnant mandat à l’Otan d’assassiner Khadafi parce que ce dernier préparait la monnaie unique africaine dont les textes furent validés par les états à Abuja. Lorsque le président Gbagbo décide en 2011 de battre la monnaie ivoirienne après les complots des banques françaises installées en Côte d’ivoire, Sarkozy dans la soirée va réunir toute la classe politique française pour obtenir d’elle un accord de frappe contre la présidence ivoirienne, même les socialistes dont François Hollande étaient présents.

Raison pour laquelle, en zone Cemac, les dirigeants ont voulu réduire au maximum les dégâts liés aux représailles de la France suite à la rupture tant sollicitée par les dirigeants de la sous-région, notamment les présidents Tchadien, Equato Guinéenne et Congolais. Le 10 janvier 2017, le ministre chinois des relations extérieures Wang Yi était à Brazzaville, pour la mise en œuvre du processus de libre convertibilité et de libre circulation entre le FCFA et le Yuan en zone CEMAC, accord signé entre les présidents chinois et Congolais lors du dernier voyage de Sassou Nguesso en Chine.

‘’La Chine et la République du Congo vont explorer les possibilités d’effectuer leurs transactions économiques et financières en monnaie chinoise, le yuan ou renminbi (RMB), ‘’a annoncé le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi avant d’ajouter «Nous essayerons d’explorer les possibilités d’utiliser davantage le RMB dans la coopération sino-congolaise», c’était lors d’une conférence de presse tenue en marge de sa visite en terre congolaise. «La Chine espère promouvoir le règlement en monnaie nationale, notamment en RMB dans les opérations économiques et financières avec le Congo. Nous espérons aussi que le Congo pourrait utiliser le RMB comme une devise de réserve»… «Je suis venu pour travailler avec la partie congolaise pour mettre en œuvre le consensus important dégagé entre nos deux chefs d’Etat», a-t-il ajouté.

De cet accord, les pays de la CEMAC mettront sur pieds une caisse de compensation pour les échanges avec la Chine aujourd’hui premier partenaire économique de la sous-région. En Mai 2016 le Cameroun et le Nigeria ont signé des accords de libre circulation et de libre convertibilité entre le FCFA et le Naira, désormais, les transactions entre la Cemac et le Nigeria ne seront plus influencées par le compte d’opération logé en France. Lorsque le président Paul Biya effectue un voyage en Italie, le Cameroun garantie un partenariat économique stratégique avec un pays membre fondateur de l’euro et troisième économie de l’union européenne. Agro-industrie (Modern Farm), Technopole, industrie lourde, mécanique, BTP etc…, échanges culturelles et entrée de la langue italienne dans le système éducatif camerounais, l’Italie est aujourd’hui une garantie fiable dans la stabilisation du FCFA arrimé à l’euro, une UE aujourd’hui n’existe que de nom, chaque état en réalité faisant cavalier seul.

Apres le sommet de Yaoundé sur la crise financière en zone CEMAC ,le Gabon et le Cameroun ont donc décidé de jumeler les bourses des deux pays en une seule entité basée à Douala, entreprise italienne Italferr en phase de remporter le gigantesque projet de chemin de fer Cameroun –Tchad, sans oublier le consortium italien dont une mission conduite par le directeur général de Seas, Andrea Bruschide aura séjourné au Cameroun il y a deux semaines à l’effet d’effectuer une visite de reconnaissance de l’itinéraire pour la route Cameroun Gabon. Apres avoir repris le contrôle de la BDEAC (Banque de développement des états de l’Afrique centrale) pour les projets dans la sous-région, la Beac s’est attaqué aux principes de libre transférabilité et pris la résolution le mois dernier à Malabo de rapatrier ses avoirs de l’extérieur ,même si selon le Dr Dieudonné Essomba ses avoirs ne représentent rien pour la stabilité économique de la Zone Cemac, il est claire que cette décision marque un point de rupture avec le compte d’opération.

La Cemac n’est pas une fédération d’état, mais une association de pays indépendants, l’intégration économique sous régionale accéléré avec la signature des APE par le Cameroun pour l’entrée d’appareils technologiques sans frais de douanes, un accord qui ne sera pas suivi par les autres pays n’ayant pas la même structure économique, ce qui va justifier la suspension des négociations par l’UE. Lorsque Babissakana pose le problème de libération de la BEAC comme seule garantie pour le développement, de son regard d’analyste financier, il suit de près les grandes mutations structurelles que la sous-région opère que ce soit sur la gestion des projets miniers et autres infrastructures de développement.

La rupture définitive visant à couper le cordon ombilicale entre le FCFA par la Cemac et la France se fera SANS DEGATS MAJEURS .Hollande est favorable aux négociations sur l’évolution du FCFA ,sauf que la CEMAC et la CDEAO ne sont plus dans la même dynamique de rupture, d’un côté il y a une région dans laquelle les leviers de l’économie passent entre les mains des états qui affirment progressivement leur souveraineté, de l’autre cote une région dans laquelle Paris règne en maitre absolu(Macky Salle tant favorable),d’où selon certains observateurs ‘‘ la reforme sous autre forme de soumission en Afrique de l’Ouest et la guerre d’usure en Afrique centrale »