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Forces armées : Paul Biya et les militaires

Dans son discours de fin d’année, le chef de l’Etat demande aux Camerounais de faire des efforts supplémentaires pour maintenir la paix.

Recrutements par centaines, activation de nouvelles brigades d’infanterie motorisée, achat massif d’armes modernes et de véhicules de transport des troupes …etc. Le chef de l’Etat et ses collaborateurs n’ont pas lésiné sur les dépenses pour renforcer notre dispositif sécuritaire. Seulement, dans son discours du 31 décembre dernier, Paul Biya trouve que ces actions déjà très coûteuses ne suffisent pas et appelle ses concitoyens à « un sursaut patriotique ». Tandis que des observateurs s’inquiètent des dépenses engagées et se demandent si le pays aura les moyens pour payer le lourd matériel commandé à grands frais à la Chine, et ce que ceci va coûter aux contribuables.

Le chef de l’Etat, sans avoir l’air d’y toucher, a fait la part belle aux forces régulières dans son discours du 31 décembre dernier. Paul Biya a reconnu que la situation sécuritaire du Cameroun, « a pris une dimension préoccupante. » Cela, alors qu’il avait « déployé des unités d’élites » (le Bir et la Gpign, ndlr). Le président de la République a félicité la bravoure de ces forces spéciales, mais reconnait que la nature de la menace a changé : « Il y a peu, nous devions faire à une insécurité en quelque sorte « classique »…

Depuis, quelque temps une autre forme de criminalité, la  criminalité transfrontalière s’est développée de façon inquiétante en particulier au nord et à l’est de notre pays », a dit Paul Biya. Ces constats ne sont pas fortuits. Ils correspondent à un choix tactique que les autorités camerounaises avaient décidé depuis des années et dont elles ont accéléré la matérialisation ces derniers jours. Au-delà du discours, Paul Biya a pris ces derniers mois, des actes qui activent des unités lourdes,  mettant en première ligne, l’armée de terre et la gendarmerie nationale.

Le 27 décembre d’abord, le président de la République a pris quatre décrets et un arrêté. Il s’agit de l’activation des 31ème et 32 ème brigades d’infanterie motorisée (Brim). Celles-ci, étaient prévues dans la réforme de l’armée camerounaise de juillet 2001 plus connue sous la réforme des 21 décrets.

L’activation des trois Brim, n’était pas prévue pour cette année, mais la dégradation de la situation sécuritaire l’a rendue urgente pour les autorités camerounaises. Seulement, à en croire nos interlocuteurs elle va correspondre à des investissements conséquents. Constituées chacune d’un état-major et de cinq bataillons répartis dans plusieurs villes et qui comptent de 200 hommes environs, les Brim sont une grosse infrastructure militaire. Si on rassure que l’armement de ces nouvelles unités est déjà pourvu, on ne jure pas pareil pour l’installation de ces structures : « Il faudra nommer des responsables et les installer dans des conditions où ils pourront éventuellement se rendre sur le front sans se soucier de l’installation de leurs familles », nous dit une source crédible.

En simple selon notre interlocuteur,  il faut dans un avenir proche : construire des habitations et des bureaux et de leurs équipements, du matériel roulant, des écoles pour les enfants des soldats, d’une infirmerie de la brigade. Le chef de l’Etat a signé le même jour, un arrêté créant un escadron de la gendarmerie nationale n°4 avec pour poste de commandement à Maroua où devront être installé plus de 200 hommes avec armes et familles. Outre ces textes du président, le Mindef a créé 46 nouvelles brigades de gendarmerie, qu’il faudra aussi installer et équiper .Il a aussi signé deux communiqués le 23 décembre2013. Il annonçait au public le recrutement der 4.850 jeunes camerounais.

Autre mesure qui n’a pas été soumise à l’Assemblée nationale. La formation et l’équipement de chaque soldat selon des évaluations avoisine le million de Fcfa. Selon nos sources, l’argent pour financer l’installation de ce dispositif sécuritaire doit provenir de fonds spéciaux du chef de l’Etat, « c’était déjà le cas l’année dernière quand il a fallu acheter 400 camions pour le transport des troupes », rassurent-elles. Sauf que maintenant on parle d’artillerie sol-air, de vecteurs de projection ou d’hélicoptères de combat, d’avions de reconnaissance et de transport des troupes.

Nos sources doutent  que le Cameroun réussisse à tout payer. « Surtout que seulement un tiers du matériel commandé à la Chine nous a été livré en fonction des paiements que nous avons déjà fais », s’inquiètent-elles.