Football professionnel: Le Cameroun toujours dans l’amateurisme

Cinq ans après l’avènement du professionnalisme, aucune condition du cahier des charges n’est remplie.

Le problème du cahier de charges se pose dans les ligues de football des pays de la Cemac, qui ont migré vers « le professionnalisme ». Le Cameroun est le premier pays à avoir donné le ton en 2011 au cours d’une assemblée générale de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) où les statuts de la Ligues de football professionnel du Cameroun (LFPC) avaient été adoptés. Au rang des éléments rentant dans le cahier de charges adopté par le conseil d’administration de la LFPC et devant être appliqués par les clubs, on cite : la mutation dès la saison 2012/2013 en sociétés sportives, la possession d’un siège et des stades, la création des différentes catégories de joueurs (benjamin, minime, cadet…séniors), la signature des contrats aux joueurs afin que chacun puisse vivre de son talent etc.
La première saison 2011/2012 du championnat professionnel a eu lieu avec 28 clubs (14 pour

MTN Elite One et 14 clubs pour MTN Elite Two). Mais, après cinq années de championnat dit professionnel, aucun élément du cahier de charges n’est rempli.
Au niveau des stades, seul quatre sont jugés presqu’acceptables. Il s’agit du stade Rounde Adja de Garoua, du stade Omnisports de Yaoundé, du stade de la Réunification de Douala et du stade de municipal MTN de de Coton sport de Garoua pour le stade Rounde Adja, n’évolue sur ses propres installations.
Une source à la LFPC nous a indiqué, le 7 décembre dernier, que dans le plan d’action de la Ligue, l’Etat s’apprête à offrir le Stade Omnisports Hamadou Ahidjo à la Communauté urbaine de Yaoundé. Et qu’en interne, les travaux sont avancés pour que d’ici deux ans, les clubs s’arriment aux cahiers de charges. Sur le plan financier, les clubs dépendent toujours de la subvention de l’Etat qui est de 560 millions FCFA (36 millions pour chaque club de la L1 et 23 millions pour chaque club de la L2). « Tout le monde attend la subvention de la Ligue. Or, on sait que la subvention de l’Etat, sert pour payer les salaires de quelques 25 joueurs. 237online.com Quand on est président de club, on doit d‘abord déposer », s’offusque un président de club, qui prétend vouloir quitter le bateau cette saison.
Au Congo Brazzaville, la saison de football qui devait démarrer le 21 novembre dernier, vient d’être reportée pour non respect du cahier de Charges. Car, seuls quatre clubs (Massamba Débat, Kinkala, Dolisie et Pointe-Noire) sont en règle.

Des stades à profusion au gabon
Du côté du Gabon, le football a migré au professionnalisme en 2012. Les choses paraissent plus avancées. Même si quelques similitudes sont observées ça et là. Au niveau financier, l’Etat gabonais, de par le président Ali Bongo Ondimba, prend intégralement en charge le paiement des salaires des joueurs et le fonctionnement de la Ligue national de football professionnel (Linaf) à travers une subvention à hauteur de 14 milliards de FCfa pour les cinq premières années. Mais la démarcation entre la Ligue (au Cameroun) et le National foot (au Gabon) se trouve à plusieurs points. Le National foot dispose d’une dizaine de stades où le championnat se déroule régulièrement. Il s’agit entre autres du : stade Gaston Peyrille à Bitam (2115 places), stade Pierre Claver Divoungui à Port-Gentil (3932 places), du stade Mbaya à Franceville, du stade Jean Nkoulou à Lambaréné (390 places), stade Idriss Ngari à Owendo, stade de Nzeng Ayong à Libreville (464 places) et du stade Monedan à Libreville (3280 places). Au niveau des salaires, les footballeurs du National foot 1 sont mieux nantis que ceux de la Ligue 1, avec des rétributions de 400 000 FCfa minimum par mois. D’où l’attrait des footballeurs expatriés. Mais contrairement au Cameroun, le National foot s’illustre, depuis son lancement, par des interruptions à répétition à causes des revendications de la subvention de l’Etat par les présidents de clubs réunis au sein de l’Association des présidents de clubs de D1 et D2. La saison 2014-2015 par exemple a connu trois interruptions. C’est pour mettre un terme à cet imbroglio que la LINAFP, dès cette 4è édition du National foot, a mis en place une commission de contrôle de l’exécution du cahier des charges (CCECC), qui est une sorte de gendarme de la NF1 et NF2.