Football : les lionnes indomptables dans l’urgence d’une mue

Malgré quelques victoires récoltées çà et là, les performances actuelles de la sélection nationale de football féminin du Cameroun laissent beaucoup inquiets quant à son avenir.

N’eut été Nchout Njoya Ajara, le rêve du Cameroun d’être aux prochains Jeux olympiques se brisait le 08 octobre dernier à l’étape du 3e tour des qualifications à ce rendez-vous. Victorieuses 2-0 au match aller à Yaoundé, les Lionnes indomptables à défaut de battre la République démocratique du Congo (Rdc) sur leurs installations à Kinshasa, se devaient de garder leur cage inviolée. Mais, dès la première mi-temps, les pouliches de Alain Djeumfa se font rattraper au score. Il faudra attendre les ultimes instants de la deuxième manche de cette rencontre pour voir l’attaquante camerounaise sauver les siennes, en inscrivant le but du 2-1, celui qui permet à son pays de poursuivre son aventure dans ces qualifications.

Ce n’est pas tant la victoire des camerounaises qui est remise en question. Mais, la manière avec laquelle Gabrielle Aboudi Onguene et ses coéquipières gagnent leurs différents matchs. L’on se souvient que lors 2e tour face à l’Ethiopie le mois dernier, les Lionnes avaient également peiné pour résoudre l’équation éthiopienne. Accrochées (0-0) au match retour au stade Omnisports Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, les médaillées de bronze à la dernière Coupe d’Afrique des nations (Can) vont se remettre au nul (1 -1 ) imposé aux Ethiopiennes à l’aller pour passer à l’étape suivante.

Un sélectionneur critiqué

En effet, l’on peut se permettre de dire et, sans risque de se tromper que l’effectif actuel des Lionnes indomptables est au moins à 70% vieillissant. Le football étant la discipline par excellence au cours de laquelle les performances décroissent avec le poids de l’âge (surtout après 25ans).

Or, si l’on se réfère au groupe conduit en ce moment par le technicien national Alain Djeumfa, le constat effectué est que beaucoup de filles sont au-dessus de cet âge. Et, par conséquent, produisent régulièrement un jeu en dents de scie.

Le maillon faible

Le poste de gardienne de but est le lieu par excellence où réside toutes les inquiétudes des camerounais et des fans de cette équipe. Il est le ventre mou de la sélection fanion dames du Cameroun. Annette Ngo Ndom (34ans) jusque-là titulaire ne rassure plus. Mais, selon le coach Djeumfa, le moment n’est pas encore arrivé de se séparer d’elle.

« La transition se fait de façon progressive. Le moment n’est pas encore venu où vous verrez une autre gardienne dans les buts. Pour le moment, c’est celle-là qui est là », tranche l’entraîneur du Cameroun.

Une défense fébrile

La défense n’est pas en reste. Même si avec l’arrivée de la binationale Estelle Johnson, les dégâts sont limités. Il en en est de même pour le milieu de terrain où Grâce Ngock Yango (26ans), Raissa Feudjio (en surpoids) déjà asphyxiées au même titre que leurs coéquipières Christine Manie (34ans), Ejangue Siliki (30ans), Ysis Sonkeng (30ans). Le seul compartiment qui rassure tant bien que mal en ce moment est l’attaque avec la paire Ajara-Takounda très adroite devant les buts. Mais doit-on fonder l’espoir sur deux joueuses pour une équipe qui court depuis des années derrière son premier titre de Can ? Là réside toute la question. C’est dire que qu’une refondation de la sélection s’impose.