Football : La mafia raflera-t-elle tout sur son passage ?

Voici ce que TOMBI à ROKO sidiki déclarait dans une interview accordée à Cameroon Tribune et publiée le 1er octobre 2015 et je cite « je suis un républicain. Quelle que soit la décision de la CCA, je la respecterai. Je ne ferai pas appel (…) toutes les décisions seront respectées (…)

Nous sommes au Cameroun et nous avons l’obligation de respecter les lois du pays (…) si la CCA demande que les élections soient reprises, nous le ferons » Fin de citation. Je suis sûr que beaucoup de ceux qui suivent pour la première fois cet extrait tombent des nues. Et c’est normal. De tels propos venant d’une personne qui a trouvé le parfait équilibre avec la tricherie, au point de succéder à son mentor au bout d’un mémorable simulacre électoral, ça sonnait plutôt faux ! Ceux qui cherchaient où se trouvait le piège n’ont pas attendu longtemps…
Comme le droit reste le droit, après tout ça vient de l’étymologie latine « directus » qui signifie droiture, les sentences de la CCA sont donc tombées au soir de la publication de cette interview, comme pour passer le premier test de vérité ou si vous voulez de mensonge à Tombi à roko. L’une déboutant Abdouraman amadou et l’autre lui donnant raison. Et c’est cette dernière sentence qui a annulé les statuts.

La suite on la connait. Depuis le 1er octobre, le Cameroun du football est dans une violente confusion. Et pour cause, nonobstant la clarté de la sentence, une voix inattendue a fait irruption dans le débat. Le pourtant taciturne Kalkaba Malboum dans une sortie alambiquée a tenu à préciser sur les antennes de la CRTV que les élections n’avaient pas été annulée mais que seule l’article incriminé et réputé illégal, devait faire l’objet de rectification. Alors, essayons de démêler cet écheveau.

D’abord que dit exactement la sentence ? Eh bien, la collégialité après avoir dit que l’article 23 querellé des statuts, violait les dispositions de l’article 32 de loi du 15 juillet 2011 relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives au Cameroun, a prononcé en conséquence et je cite « l’annulation de la première résolution adoptée lors de la session extraordinaire de l’assemblée générale du 05 août 2015 portant adoption des statuts avec ses conséquences de droit. » Fin de citation. Que dit donc la première résolution annulée ? Très simple. Elle dit et je cite « les statuts de la FECAFOOT tels que modifiés sont adoptés ». Fin de citation. Ainsi et en toute et simple logique, si cette résolution est annulée, son objet l’est aussi. Et si c’est le cas, la FECAFOOT n’a plus de Statuts.

Et si la FECAFOOT n’a plus de Statuts, tout ce qui dérive de ceux-ci tel le code électoral, ainsi que toute élection qui a pu se tenir sur le fondement de ce code, perd par voie de conséquence toute validité juridique. TOMBI va-t-il donc tenir promesse ? Question d’autant plus difficile que, en bon maffieux, il n’a pas tardé à s’accrocher aux propos du Colonel KALKABA à qui il a rendu pompeusement visite au siège du CNO le lundi 5 octobre 2015. Une idylle étonnante mais vraie. Quand on sait tout ce qui a été dit de KALKABA et de son comité olympique par les communicants de TOMBI, on se dit, le monde est formidable. Mais après tout Dieu enseigne le pardon. Sauf qu’avec le mariage TOMBI-normalisation, on avait cru avoir touché le comble. L’alliance sur le tard TOMBI-KALKABA nous laisse sans voix. Entre temps, le Président de la collégialité de la CCA le Magistrat de la Cour Suprême Monsieur MEVONGO MEYE Pierre a pris la parole pour s’étonner des interprétations et a clarifié la sentence pour préciser qu’elle annulait bel et bien les Statuts.
Mais quelle est la valeur juridique des commentaires de KALAKABA ? Eh bien, aucune ! A moins qu’on nous convainque que les commentaires publics du Président du Comité international Olympique peuvent faire échec à une sentence du TAS, ou encore tout comme si les commentaires de Paul BIYA pouvaient anesthésier une décision de la Cour suprême au prétexte que c’est lui qui nomme les magistrats. On est vraiment dans une affaire bizarre. L’olympisme signifie-t-il toujours respect de la règle du jeu et promotion des valeurs éthiques ?

En tout cas le droit a parlé et c’est clair pour tous. D’autant plus clair que les conséquences ne sont une surprise pour personne. Souvenez-vous juste qu’au 30 octobre 2014, les statuts furent également annulés du fait de l’illégalité de l’article 78 et tout recommença à zéro Pourquoi aujourd’hui une sentence analogue ne produirait-elle pas les mêmes effets ?

A la question qu’est-ce qui va se passer ? Bien malin qui pourrait répondre. Abdouraman a introduit une autre requête pour faire annuler formellement (pour ne pas dire formalitairement) les élections. Naturellement, elle va donc prospérer. La suite, qui vivra la verra.
En attendant on se demande quelle mouche a bien pu piquer le Colonel KALKABA MALBOUM ?

Mais ça, rappelons que ce n’est plus dans les cordes du droit. A-t-il reçu instruction de commettre une gaffe ? Si oui de qui ? A-t-il été induit en erreur ? Si oui de qui ? A-t-il succombé aux charmes financiers de TOMBI à ROKO ? Si oui quel en a été le prix ? Même dans l’hypothèse où la reprise des élections consacrerait à nouveau TOMBI est-on obligé de courber l’échine devant l’illégalité ? A chacun de voir. En tout cas, TOMBI est vraiment puissant. Il aura tout emporté sur son passage. Adoum Garoua, la normalisation, le comité national olympique dont le Président vient de tuer lui-même une chambre instituée par la loi, je ne parle même pas des retournements de vestes qui se font par milliers au quotidien. D’ailleurs il se dit que TOMBI à Roko, la bourrasque, a rendu visite à BIDOUNG KPWAT à domicile ce samedi 3 octobre 2015 pour le féliciter. L’a-t-il laissé dans un état normal ? Sa gestion du dossier FECAFOOT dans les jours qui viennent, nous dira. Dans cette affaire, moi j’ai fait jusqu’ici ce que j’ai pu. Et je continuerai.