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Folklore: Ils encombrent la tanière !

Folklore: Ils encombrent la tanière !

Que font les représentants de la présidence, du Sénat, de l’Assemblée nationale, du Conseil économique et social, de la Sûreté nationale, de la Dgre, etc. sur les plates-bandes des Lions au Brésil.

Saura-t-on jamais à quoi servent tous ces fonctionnaires qui grossissent et encombrent les rangs à toutes les compétitions internationales auxquelles sont engagés les Lions Indomptables? Hier, une réunion convoquée par le ministre des Sports à Vitoria a semblé agacer les joueurs qui ne demandaient qu’à se reposer après un entraînement intense en fin de journée, encore marqués qu’ils sont par quatre heures de décalage horaire et un voyage épique qui les a conduits au Brésil. En 2010 déjà, Paul Le Guen s’était plaint de ces réunions interminables qui s’achevaient parfois à des heures avancées de la nuit, empêchant les joueurs de se concentrer.

La rencontre entre le ministre, la délégation du Cameroun au Brésil, les joueurs et le staff est annoncée pour 21h, heure locale, soit 1h du matin, heure du Cameroun. A l’heure dite, quelques personnes commencent petit à petit à remplir la salle des conférences du Sheraton hôtel de Vitoria où sont logés les Lions. Les sièges font deux rangées: l’une sera occupée par les joueurs et le staff et l’autre par les autres membres de la délégation du Cameroun. Le ministre est déjà dans les parages. Tout le monde se précipite pour rentrer dans la salle. Quelques joueurs, comme arrachés de leur sommeil ou d’une partie de jeu vidéo, trainent le pas. Mais, une fois assis, ils se racontent de petites histoires qui s’achèvent par de grands éclats de rires. Le staff technique ne semble goûter que très peu aux plaisanteries les joueurs. Volker Finke a le visage lourd. «Le ministre des Sports et de l’Education physique !», annonce bruyamment le protocole. Tout le monde se lève. Vêtu d’un boubou mauve, Adoum Garoua s’installe devant toute l’assistance. Il est accompagné de l’ambassadeur du Cameroun au Brésil, Martin Agbor, et de Ngassa Happi, le vice-président du comité de normalisation. Le ministre demande que l’hymne national soit entonné. «Juste le refrain !», crie une voix du fond de la salle.

Représentants de….

Le refrain de l’hymne est exécuté par tout le monde et le ministre Adoum Garoua peut enfin dire son propos:

«Excellence, Monsieur l’Ambassadeur du Cameroun au Brésil, Monsieur le représentant de la présidence de la République, Monsieur le représentant du Sénat, Monsieur le représentant de l’Assemblée nationale, monsieur le représentant des services du Premier ministre, Monsieur le représentant du Conseil économique et social, Mesdames et Messieurs les représentant des ministères partenaires, messieurs les représentants de la délégation générale à la Sureté nationale, messieurs les représentants de la direction générale de la recherche extérieure… », récite le ministre d’une voix monocorde, Adoum Garoua se dit heureux de prendre la parole en prélude à la première sortie des Lions en Coupe du Monde 2014 vendredi contre le Mexique. «Comme il est de tradition, ex-plique-t-il, il était de bon ton que nous nous retrouvions ce soir pour voir comment nous allons aborder cette campagne. C’est tout à fait normal qu’on vienne s’enquérir si vous êtes logés dans de bonnes conditions. Je ne voudrais vraiment pas être long, je sais que vous avez un emploi du temps bien chargé…»

Ensuite, il décide de «passer la parole à Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur du Cameroun au Brésil pour des indications précises, parce que c’est quand même lui qui représente notre pays ici ». «Nous sommes dans un pays étranger, il faut respecter les lois et règlements de notre pays hôte. Je voudrais passer la parole à l’ambassadeur sans plus perdre le temps », poursuit Adoum Garoua.

L’ambassadeur commence par lire lui aussi la litanie des représentants de ceci et de cela et, en guise «d’indications précises», il dit simplement, «au nom des ambassadeurs du groupe africain», leur soutien et leurs prières pour que les Lions Indomptables fassent une bonne Coupe du monde. « Mon message est bref. C’est un message de soutien, d’encouragement », conclut-il avant de «asser la parole à monsieur Wamba, qui est le point focal de la Coupe du monde au niveau de l’ambassade, pour donner brièvement quelques informations utiles pour la famille du Cameroun».

«Nous sommes fatigués»

Du fond de la salle, un homme se lève. C’est monsieur Wamba. Son propos est bref: « Je vous recommande prudence, vigilance et honorabilité. Nous sommes en terre étrangère. Nous devons avoir un comportement honorable vis-à-vis de nos amis. Nous sommes tous mûrs. Je ne vais pas m’étendre davantage».

La réunion traîne. Certains joueurs, à leurs grimaces, semblent se demander ce qu’ils font là. Volker Finke et Ses adjoints s’étranglent d’impatience et d’ennui. Le coach des Lions le fait savoir lorsque le ministre lui passe la parole. Il se lève, se racle la gorge, les yeux ensommeillés et, d’une voix fatiguée, il dit: «Je vais être vraiment très court. Nous avons commencé le travail depuis quelques jours… nous sommes fatigués. Nous avons eu aujourd’hui une séance d’entraînement avec une grande intensité. Nous avons donné une conférence de presse où tout a été dit. Nous avons besoin de temps pour nous reposer. C’est pourquoi je suis très court.» «Voilà ! », répond le ministre. Il prône «l’union sacrée» avant de demander une nouvelle fois que l’hymne national soit exécuté. Entièrement.

Les joueurs et le staff, comme libérés d’un lourd fardeau, sortent de la salle pratiquement au pas de course. Mais ils doivent d’abord serrer la main au ministre qui ferme pratiquement l’entrée avec un franc sourire. Le dernier à se soumettre à cet exercice c’est Samuel Eto’o, qui est prié d’attendre dans la salle pour un tête-à-tête avec le ministre. 20 minutes après, les deux hommes étaient toujours enfermés dans le secret du huis-clos au moment où nous quittions l’hôtel Sheraton. Il était pratiquement 22h. Soit 2h au Cameroun.

 

 

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