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Actualités societe : Flash back – Le 10 février 2013: paroles, parlottes!

Flash back: Le 10 février 2013: paroles, parlottes!

200.000 emplois en 2014 dans l’administration. Organisation de la profession de moto taximen. Le discours du chef de l’Etat aux jeunes diffusé le 10 février 2013 était fait d’annonces supposées fortes. Mais qui sont restées des mots, toujours des mots. Des mots dits sans lendemain. Des mots tus plus souvent, qui pourraient décrisper. Des mots sans chair qu’emporte le vent ailleurs que dans le cœur d’une jeunesse qui n’écoute plus, ne participe plus à cette ‘divine’ comédie de l’esbroufe.

«L’Etat intervient dans toute la mesure du possible en intégrant un grand nombre de jeunes dans la fonction publique et dans les services de sécurité». Le message de 2013 était pour ceux qui osent travailler dans des métiers de précarité tels que les pousseurs, les chargeurs, les tâcherons dans les chantiers, conducteurs de motos-taxis et peuvent en vouloir à la société. Le président de la République du Cameroun semblait redouter «qu’ils soient tentés par la fronde. Mais là ne serait pas la bonne réponse, l’expérience montrant que celle-ci aggrave les problèmes sans apporter de solution». Où sont alors les ‘solutions’ ? «Je vous exhorte, vous jeunes, à adopter un comportement moral exemplaire et responsable». Et de poursuivre en s’adressant aux parents: «j’invite vos parents à assumer leurs responsabilités et à vous conduire dans cette voie. Le civisme, on ne le dira jamais assez, est le fondement de toute société». Paroles, paroles, parlottes d’un discours préenregistré et diffusé sur les antennes de la Crtv, dimanche 10 février 2013, une heure avant la finale de Coupe d’Afrique des nations de football qui se jouait en Afrique du Sud.

Soyons sérieux. Les rédacteurs des discours à la jeunesse pour le prince d’Etoudi n’ont rien imaginé de concret quant à l’avenir de la jeunesse. Il en sera de même le 10 février prochain, un an jour pour jour, douze mois d’inertie encore, 360 jours de recul. Exit les promesses, Il ne reste plus que des conseils pour meubler la dizaine de minutes que durera pour le président cette torture annuelle. « En effet disait-il, même si nous parvenons à relever le niveau de vie de notre population, même si nous assurons le fonctionnement de nos institutions démocratiques, même si nous maintenons la paix et la stabilité dans notre pays, la société apaisée et prospère que nous voulons construire sera minée de l’intérieur si ces avancées ne sont pas accompagnées par un progrès de la moralité publique ». C’était il y a un an.

De quoi sera fait le 10 février 2014 ? Encore un discours de résignation à quelques jours de ses 81 ans ? Encore quelques fleurs lancées aux motos taximen, ce dépotoir de chômeurs motorisés ? Encore 200 mille emplois à vendre comme une goutte d’eau dans un océan d’oisiveté forcée ? Biya a toujours parlé seul, il a toujours parlé à sa génération qui s’en va. Mais pas à la jeunesse. «Croyez-vous que je suis fatigué» ? s’interrogeait-il sur le perron de l’Elysée il n’y a pas longtemps. C’est donc un président ‘jeune’ et en forme qui va s’adresser le 10 février à une jeunesse fatiguée de discours. Un nouveau rendez-vous manqué?

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