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Finke rameute la bande de Lions

Finke rameute la bande de Lions

 

Par le passé, le Cameroun s’est souvent distingué par ses brillantes individualités. En 1990, cette approche lui avait permis d’atteindre les quarts de finale de la Coupe du Monde de la FIFA™ en Italie. Pourtant, le sélectionneur Volker Finke souhaite avancer d’autres arguments au Brésil.

À la tête des Lions indomptables depuis huit mois, le technicien allemand entend promouvoir l’esprit d’équipe au détriment de l’individualisme. « L’équipe a échoué par deux fois dans les qualifications pour la Coupe d’Afrique. En 2010, elle a quitté la Coupe du Monde sans avoir inscrit le moindre point. L’ambiance était devenue délétère », explique Finke au micro de FIFA.com. « Nous avons beaucoup parlé entre nous au cours des derniers mois. Avec l’aide du capitaine Samuel Eto’o, nous avons réussi à créer un excellent état d’esprit. C’est ce sens du collectif qui est à l’origine de nos récents succès. »

La performance du Cameroun pendant le tour final des qualifications africaines illustre parfaitement cette nouvelle philosophie. Après avoir été tenus en échec (0:0) en Tunisie, les Lions Indomptables se sont imposés 4:1 à Yaoundé. Ceux qui ont suivi le parcours de Finke ne seront pas surpris de le voir mettre l’équipe en avant. « Pour gagner, il faut être capable de produire des performances collectives de haut niveau », explique Finke, ancien professeur de sport et de mathématiques. « C’est très important. Nous insistons beaucoup sur ce point à l’entraînement. C’est indispensable pour réussir. »

L’une des premières missions de Finke a consisté à redéfinir le rôle de Samuel Eto’o. « C’est un joueur de classe mondiale, sa présence est très importante pour l’équilibre du groupe », estime l’ancien entraîneur de Fribourg. « En Afrique, les capitaines occupent souvent une place particulière. »

Sourire retrouvé

C’est la raison pour laquelle le sélectionneur a choisi de partager les responsabilités, plutôt que de miser sur un seul homme. « Dans chaque équipe, il y a des joueurs qui font la différence, c’est le cas de Samuel en attaque », affirme le sélectionneur de 65 ans, qui parle français couramment. « Mais avec Alexandre Song dans l’entrejeu, Nicolas N’Koulou et Aurélien Chedjou en défense, nous avons d’autres joueurs qui forment l’ossature de notre équipe. Ces quatre-là sont appelés à tenir un rôle déterminant dans les mois à venir. »

Le Cameroun est décidé à tourner le dos à ses récentes déconvenues sur la scène continentale. Pour ce faire, l’entraîneur prône un jeu moderne, axé sur le collectif et la possession de balle, mais aussi sur le soutien des supporters camerounais, qui s’identifient de nouveau à leurs Lions Indomptables. « Tous les amateurs de football ont retrouvé le sourire », se félicite le sélectionneur de 65 ans, qui a su adapter ses méthodes à la mentalité de ce pays de plus de 20 millions d’habitants. « Le Cameroun est une grande nation de football. Les gens se souviennent des exploits de l’équipe nationale dans les années 70, 80 et 90. Cet âge d’or a duré jusqu’en 2002. C’est ce qui explique que les attentes sont toujours très importantes. Malheureusement, la réalité est plus terne : nous devons commencer par reconstruire. Dans cette optique, la qualification pour la Coupe du Monde représente une étape importante. »

Versé dans le Groupe A au Brésil, le Cameroun affrontera le pays hôte, la Croatie et le Mexique. « Nous ne serons certainement pas favoris, mais nous irons au Brésil avec l’ambition de nous qualifier pour la seconde phase du tournoi », annonce cependant Finke, qui juge que l’édition brésilienne pourrait être celle de l’Afrique. « Beaucoup de Ghanéens, Ivoiriens mais aussi Camerounais jouent en Europe. Si l’une de ces sélections parvient à créer une véritable osmose dans ses rangs, cette mentalité propre à l’Afrique, cette émotivité, peut la mener très loin. Je pense qu’il y aura au moins une équipe africaine en demi-finale. »

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