Finances: La Bad propose une nouvelle stratégie pour la période 2015-2020

Elle cible deux piliers : le développement des infrastructures, et le renforcement de la gouvernance.

La Banque africaine de développement (BAD) a revu sa stratégie pour le Cameroun pour la période 2015-2020. Cette nouvelle approche de coopération entre l’institution panafricaine et le  Cameroun repose sur deux piliers. Le premier pilier vise à développer les infrastructures rurales et de transports pour promouvoir les chaînes de valeurs des filières agro-pastorales et halieutiques. Tout en renforçant la compétitivité des biens échangeables non extractifs et l’intégration régionale (CEMAC/CEEAC et vers le Nigeria), ce pilier vise à renforcer et capitaliser l’impact des précédentes interventions de la Banque. Le second pilier vise à renforcer la gouvernance, notamment dans les secteurs des transports et de l’énergie qui concentrent le plus d’investissements structurants du Gouvernement, et qui sont également des domaines de concentration des interventions de la Banque.

Il s’agira par le biais de réformes ciblés, de soutenir et pallier les insuffisances des cadres de régulation qui permettront à la dépense publique sectorielle d’être plus efficace et d’assurer la pérennité des investissements. En outre, a-t-on appris, ce pilier contribuera au renforcement des aspects fiduciaires et budgétaire de la dépense publique (passation de marchés, système d’information financière et maturation des programmes). La Banque va contribuer à la mise à niveau du système national de passation de marchés afin que les procédures nationales s’appliquent pour les Appels d’offres nationaux (AON) dans le cadre des opérations financées par la Banque.

Plus de 608 millions de dollars d’opérations

D’après des statistiques rendues publiques par l’institution en fin mai 2015, la Bad compte 19 opérations (11 opérations nationales, 4 régionales et 4 du secteur privé) totalisant environ 608,8 millions de dollars (autour de 364,2 milliards de Fcfa), avec un taux de décaissement global de 46,07%, pour un âge moyen de 4 ans et un pourcentage de projets à risque de 5,8%. La banque juge sa performance globale du portefeuille au Cameroun en 2014 satisfaisante avec une notation moyenne de 2,36 sur une échelle de 3 (contre 2,30 en 2013 et 2,15 en 2012 et 2,06 en 2011).

«La stratégie proposée est conforme aux priorités du Gouvernement définies dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE 2010-20)», a réagi le Bad dans un document parvenu à  notre rédaction. L’institution panafricaine ajoute qu’«Elle contribue à la mise en œuvre de la stratégie décennale 2013-22 du groupe de la Banque, notamment ses grandes orientations portant sur le développement des infrastructures, l’intégration économique régionale, le développement du secteur privé, et la promotion de la bonne gouvernance. La stratégie de la Banque appuiera la stratégie d’intégration régionale pour l’Afrique centrale (DSIR 2011-15)».

Cependant, le portefeuille connait des difficultés pour lesquelles la Banque se propose de mettre en œuvre un Plan d’actions d’amélioration du portefeuille qui devrait permettre de rehausser davantage l’exécution et la performance des opérations.