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Fièvre hémorragique Ebola: L’Extrême-Nord en état de veille épidémiologique

Fièvre hémorragique Ebola: L’Extrême-Nord en état de veille épidémiologique

Le risque d’importation de cette maladie est très grand via cette région en raison de la porosité des frontières qui fragilise l’application du Règlement sanitaire international (Rsi 2005), à travers la fermeture des frontières avec le Nigeria. Ce voisin affecté affirme ne plus avoir de cas mais il faut encore attendre 42 jours pour le certifier selon l’Oms.

Parlant du niveau de préparation en rapport avec la fièvre hémorragique Ebola, Dr Kaoussiri Brekmo, coordonnateur du centre de prévention et de réponse contre les épidémies (Cerple) affirme : « C’est le renforcement de la surveillance épidémiologique à tous les niveaux : les formations sanitaires, les villages ». Concrètement : « On a renforcé les capacités des acteurs, c’est-à-dire les chefs de services de district qui devraient aussi renforcer les capacités des chefs de district de santé et les communautaires pour ne serait-ce que signaler en cas de suspicion que ce soit aux autorités, aux formations sanitaires, etc. », poursuit-il, avant d’ajouter que des dispositions ont été également prises dans le cadre de la prise en charge notamment dans les formations sanitaires où des médecins et infirmiers sont formés pour la prise en charge des cas éventuels. Dans le même rayon, « On a aussi identifié des endroits pour l’isolement des éventuels cas ». En l’occurrence, à Minawao dans le district de santé de Mokolo dans le département du Mayo-Tsanaga, un site qui compte environ 15 000 réfugiés. « A toute occasion, quand il y a une rencontre, on fait passer le message sur la fièvre Ebola ».

Un état des lieux du niveau de prévention dressé au cours d’un échange avec des journalistes organisé mardi 30 septembre 2014 à Maroua, par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) dans le cadre de l’évaluation à mi-parcours du Projet Unicef-Japon. Le médecin reconnaît qu’en raison de la porosité des frontières entre le Nigeria, déjà victime de la maladie, et le Cameroun, la situation est complexe dans la région. Surtout avec l’arrivée massive des refugiés qui fuient les exactions de la secte Boko Haram. « Au niveau des frontières, c’est très compliqué parce que les frontières sont officiellement fermées. Mais il y a beaucoup de pistes que les gens empruntent pour passer d’un pays à l’autre. Mais une fois qu’ils sont dans les camps des réfugiés aménagés pour eux, on fait passer le message et on renforce davantage la surveillance épidémiologique ». Le Coordonnateur du Cerple avoue aussi qu’il est davantage compliqué de déceler ceux qui sont dans les familles.

 

Challenges

Toujours d’après ce dernier, entre autres matériels, l’Etat a envoyé les thermomètres à laser dans la région qui ont été répartis dans trois formations sanitaires que sont : l’Hôpital régional de Maroua, Yagoua et à l’aéroport international de Maroua-Salak. « Mais pour le moment, nous n’avons pas de vols internationaux. Cependant, l’équipe a déjà commencé de travailler. » Les populations sont alors invitées à adopter les bonnes pratiques d’hygiène à savoir : se laver les mains avec de l’eau et du savon ; pratiquer l’hygiène de l’environnement, c’est-à-dire nettoyer les alentours de sa maison ; éviter de toucher les gibiers morts. Pour Claire Soppo, spécialiste en Communication pour le développement à l’Unicef,  ces recommandations concernent aussi les enfants « qui ont l’habitude de ramasser les animaux (oiseaux, lézards…) morts». S’agissant du gibier objet de nombreuses controverses, elle souligne qu’il faut « éviter de manger le gibier et à la limite si on se retrouve devant une situation où on est obligé quelquefois d’en manger, il faut bien le cuire, laisser bouillir longtemps, jusqu’à ébullition, éviter de toucher cette viande avec ses doigts ».

Par ailleurs, en cas de suspicion d’une personne qui présente des signes d’Ebola, le personnel de la santé préconise de ne pas toucher cette personne mais l’isoler et prévenir les services de la santé dont les agents viendront voir ce malade, désinfecter la maison et s’assurer qu’il n’y a pas déjà contamination s’il s’agit d’Ebola. A ce propos, des numéros de téléphone sont communiqués (voir ci-dessous). Au niveau de la région tous les spécialistes qui en parlent conseillent de « croiser les doigts pour que cette maladie n’entre pas chez nous, c’est grave ». Car l’on y est encore confronté à de nombreux défis à savoir : le diagnostic de laboratoire car au stade actuel, seul le Centre pasteur dispose du matériel de dépistage. Les challenges concernent aussi l’appui en ressources suffisantes (humaines, matérielles et financières) ; l’application du Règlement sanitaire international et la collaboration des populations aux mesures de lutte. Ici est mise en exergue, la pratique des rites funéraires.

Nadège Christelle BOWA à Maroua


Focal: 
Trois régions, hôtes naturels du virus Ebola

Le patronyme « Ebola » attribué à cette maladie très contagieuse et mortelle vient d’une rivière dans le nord du Congo/ Zaïre où on l’a découvert pour la première fois. Les chercheurs en distinguent cinq (5) espèces (Bundibugyo, Côte d’Ivoire, Reston, Soudan, Zaïre). La létalité dépasse 50%. « Dans certaines localités, sur 100 personnes atteintes, 80 meurent de cette maladie », précise Dr Kaoussiri Brekmo, coordonnateur du Cerple. Selon lui, il n’existe pas de traitement spécifique, les vaccins sont encore au stade d’essai.

En Afrique renseigne le médecin, les chauves-souris frugivores sont des hôtes naturels du virus à Ebola. Par conséquent, la répartition de celui-ci pourrait être superposée à celles des chauves-souris. Au Cameroun, les région du Centre, du Littoral et du Sud possèdent ce genre de chauves-souris. La maladie est caractérisée par l’apparition d’une fièvre brutale, une fatigue intense, les myalgies, céphalées (maux de tête), et une irritation de la gorge. Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhée, d’une éruption cutanée, d’une insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, d’hémorragies internes et externes qui déterminent la phase finale de la maladie. Les sujets atteints restent contagieux tant que le virus est présent dans leur sang et leurs sécrétions. « Le sperme par exemple peut continuer de transmettre le virus jusqu’à sept semaines après la guérison clinique », affirme Dr Kaoussiri. La durée d’incubation (temps entre l’infection par le virus et l’apparition des premiers symptômes varie de 2 à 21 jours « tout dépend de la charge virale ».

 

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