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Fête nationale de la jeunesse: 31 ans de promesses non tenues et de mensonges

Fête nationale de la jeunesse: 31 ans de promesses non tenues et de mensonges

10 février 1983- 10 février 2014. Voici 31 ans que le président de la République, Paul Biya et sa jeunesse, se parlent à distance. Non depuis 1983, c’est Paul Biya seul qui parle à la jeunesse. Tous les 10 février, comme il le fera encore, lundi prochain. Certaines langues s’accordent à dire (avec raison), qu’entre Paul Biya et sa jeunesse, il existe une proximité aérienne. Sur les 31 années de discours, le chef de l’Etat n’a pas marqué un seul temps d’arrêt, au cours des célébrations de la fête de la jeunesse pour avoir le feedback de ses adresses à la jeunesse ? Pas une fois le président de la République n’a ouvert grandement les portes du palais d’Etoudi, pour accorder des audiences à des groupes de jeunes, ni aux députés juniors. Même pas pour faire semblant et sauver la face. On a rêvé de voir, pendant la semaine de la jeunesse, Paul Biya multiplier des audiences avec les tranches et groupes de jeunes avant son rituel discours le 10 février. L’on a rêvé en vain que de ses multiples audiences avec les jeunes, que de la somme de leurs préoccupations et doléances, le président de la République allait puiser la substance pour échafauder son adresse… Chaque année, le rêve revient, mais il reste… irréalisable.

En 32 années, le chef de l’Etat Paul Biya, ne sert jusqu’ici à sa jeunesse, que du réchauffé, du déjà entendu. Et comme il n’écoute, n’échange pas avec sa jeunesse, le président de la République ne peut mesurer le dégout, la désinvolture, l’indifférence et la méprise que la jeunesse affiche devant ses discours. « Aakaa’a…Il parle pour lui-même… » Entend-on. Mais cette jeunesse, attend le chef de l’Etat au tournant de l’histoire. Quels que soient le jour, l’endroit, l’espace et le temps, Paul Biya, n’y échappera pas. Au tribunal de la jeunesse, le président de la République devra dire comment et pourquoi, il a abandonné, confiné sa jeunesse dans l’oisiveté et le chômage. Conquérante et athlétique, elle a bravé plusieurs exploits sportifs, pour la gloire présidentielle. En retour, des infrastructures sportives rachitiques et moribondes… Inexistantes. Après 21 années d’une réforme universitaire intervenue en janvier 1993, l’on assiste plutôt à l’enlisement de la méforme universitaire. Très peu d’Universités camerounaises sont capables de produire des jeunes diplômés, prêts pour l’emploi. Il n’y a pas que l’enseignement supérieur qui vacille. Dans les lycées, les collèges et les écoles primaires, l’enseignement est au rabais et l’école va à vau-l’eau. Insatisfaits par des conditions de vie précaires, les enseignants du secondaires se sentant à l’étroit et accablés par le surpoids des effectifs pléthoriques, conspirent à abrutir leurs élèves.

Sur le plan sanitaire, le plateau technique est écœurant et affligeant. Les hôpitaux sont devenus des mouroirs. Le nombre de Camerounais arrachés à la vie à l’entrée de ses hôpitaux, est plus grand que celui de ceux qui retrouvent la vie à la sortie. L’insertion des jeunes à la vie active, leur socialisation par le biais d’une offre importante d’emplois, reste un serpent de mer. A cela s’ajoutent les délestages en énergie électrique et l’assèchement insupportable des robinets dont l’une des conséquences désastreuses, reste l’avalanche en cascade, des maladies hydriques. Dans la foulée de la célébration de la 32ème fête de la jeunesse, Le Messager explore les arcanes du procès. Accusé Paul Biya…, levez vous et avancez devant la barre…

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