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FÊTE DU TRAVAIL : UNE MOUE SANS CESSE RECOMMENCÉE

FÊTE DU TRAVAIL : UNE MOUE SANS CESSE RECOMMENCÉE

« Construisons le Cameroun dans la paix, la solidarité et le travail décent », tel a été le thème retenu pour la 129éme édition. Le 1er mai de chaque année, la communauté internationale consacre un jour pour magnifier le travail. Le Cameroun s’est une fois de plus  joint à la célébration de 2015, mais dans un contexte assez particulier.

Marqué par la guerre qui a fragilisé le travailleur et déstabilisé le faible tissu économique du pays dans sa partie septentrionale, autres perturbations sécuritaires et sociétales, la dévalorisation du travailleur, le non respect du code du travail, l’on peut dire sans risque de se tromper que le travail est encore loin d’être décent. Ce n’est non plus l’absence de  volonté. A dessein, l’Etat du Cameroun est conscient de la situation et le thème retenu cette année le témoigne à suffisance.

Au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest du triangle national, la fête a eu lieu. Les tee-shirts et le pagne ont encore masqué la galère des travailleurs. Les parades hypocrites ont rétabli l’amour entre  l’employeur et l’employer qui étaient en phase au moins pour cet instant de fête. Des thèmes subséquents, il n’est pas superflu de chercher ce qui a changé dans l’environnement du travail au Cameroun.

Dans le Ndé, rien d’original n’a ponctué la célébration. Sous le regard bienveillant de Samuel Christian EBELLE, préfet de cette partie du territoire, assisté des Sous-préfet de Bangangté, de Bazou, de Tonga, de Bassamba, de Basile Ngako, délégué départemental du travail, de Raphael Bitchebé, maire de Tonga et des autres maires des communes du même département, la représentante de la CSAC (Conférence des Syndicats Autonomes du Cameroun) faisait remarquer que les récents thèmes restent au niveau des vains slogans. De mémoire, les thèmes « Tripartisme et cohésion sociale », « Travail décent et lutte contre la pauvreté », « Travailleurs du Cameroun, ensemble luttons contre le VIH-Sida », respectivement de 2012, 2013 et 2014 donnent raison aux syndicats qu´ on accuse à tord d’être des éternels pleurnichards. On aurait certainement poussé des syndicats à bout. Ils sont sortis du bois.

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Des questionnements existentiels méritent une réflexion plus profonde. « Pourquoi l’Etat a-t-il justement démissionné de son rôle de modérateur entre l’employeur et l’employé pour s’inscrire dans le rôle migrât de bourreau pour le travailleur ? » Ils sont allés jusqu’à dire que la CNPS (Caisse Nationale de Prévoyance Sociale), structure de l’Etat est un « serpent de mer ». De toutes les manières, pour qu’il y ait de la paix et la sécurité sociale au Cameroun, le travailleur doit être bien rémunéré, bien soigné, bien loti et épanoui. Comme pour dire l’absence de guerre n’est pas forcement dire qu’une situation de pax s’impose.

Le Préfet du Ndé en tant qu’autorité administrative, a défendu l’Etat qu’il représente. Selon lui, le pouvoir public continue à jouer son rôle régulateur du travail, crée au besoin et selon ses moyens un climat qui promeut le travail décent. Bien avant, il a ouvert le festival des médailles avant de passer la main aux 4 sous-préfets absents. Au total,  des médailles en or, vermeil et en argent ont été distribuées à plus de 30 travailleurs qui se sont distingués respectivement après 25 ans, 15 et 10 ans de travail.
Pour la fête dans le Ndé, tout s’est bien passé.

 

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