Femmes. La Russie censure Youporn et Pornhub pour relancer les naissances

L’agence russe de surveillance des télécommunications a prononcé jeudi l’interdiction des sites pornographiques sur le territoire pour soigner sa démographie.

 
Mater ou se reproduire, il faut choisir ! Le gouvernement russe a opté pour la deuxième solution et renoncé à la première, considérant que la pornographie est un ennemi de sa démographie. Ainsi les deux sites américains, Youporn et Pornhub, parmi les plus populaires en la matière, font-ils depuis jeudi l’objet d’un blocage de la part du service fédéral de supervision des communications, des technologies de l’information et des médias de masse, Roskomnadzor, sur l’ensemble du territoire.
Le bon mot de Pornhub

L’idée d’une telle prohibition, née dans les tribunaux de Vladivostok, dans l’Extrême-Orient et dans la région de Voronej (sud), a essaimé dans la totalité du pays. Les autorités russes invitent la population à se trouver un conjoint « dans la vraie vie » pour relancer les naissances. Le porte-parole de Roskomnadzor, Vadim Ampelonski a indiqué jeudi à l’agence Ria Novosti que la levée de l’interdiction ne serait possible « qu’après un changement complet du catalogue des sites ».

En réaction à la mesure restrictive décidée à son encontre, Pornhub a adressé à l’agence russe de surveillance des télécommunications un tweet pour le moins savoureux. La réponse de Roskomnadzor, sur un ton autrement plus sérieux, ne s’est pas fait attendre.

« Si nous vous offrons un compte premium, autoriserez-vous à nouveau Pornhub en Russie ? »

« Désolé, nous ne sommes pas sur le marché et notre démographie n’est pas un produit de consommation. »

La politique nataliste de Poutine

En 2006, Vladimir Poutine considérait la baisse de population comme « le problème le plus urgent » de la Russie. Après la chute de l’Union soviétique, le pays a souffert d’un cercle vicieux démographique, perdant plusieurs millions d’habitants depuis 1991 pour n’en compter actuellement plus de 146 millions. Pour remédier à ces difficultés démographiques, le président a commencé par mettre en place une prime de maternité de 350 000 roubles (5 600 euros environ), attribuée à chaque naissance à partir du deuxième enfant. Le taux de natalité a beau être passé de 10,2 naissances pour 1 000 habitants à 13,3 aujourd’hui, Poutine poursuit son cheval de bataille avec cette nouvelle mesure, dont il sera probablement moins aisé d’en mesurer l’efficacité que la précédente.