Femme rurale: De l’agricultrice à la petite patronne

Malgré des difficultés dont certaines d’ordre culturel qui persistent, le statut de la femme rurale n’est plus aussi figé.

Dimanche 15 octobre prochain, le Cameroun s’associe au reste de la communauté internationale pour commémorer la Journée internationale de la femme rurale. Occasion de braquer les projecteurs sur ces femmes dont la majorité dépend des ressources naturelles et de l’agriculture pour leur subsistance, selon l’ONU. Les femmes rurales produisent, transforment et préparent la plupart des aliments qui sont disponibles. La responsabilité en matière de sécurité alimentaire leur incombe principalement, notamment dans la région de l’Est du Cameroun où elles sont les principales fournisseuses des marchés. « Au niveau de la communauté, de par ses activités agropastorales elle est la principale actrice qui approvisionne en vivres les zones urbaines. Il y a un nouveau genre de femme rurale qui réside en ville et fait des champs au village, mais c’est en moindre proportion pour le moment », explique Bidjeha née Amann Adeline, délégué régional du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille. Cependant, l’accès aux terres et aux intrants agricoles reste difficile.  « Pour la terre, c’est cultuel. La femme rurale ne dispose que de petites portions pour ses champs et l’agriculture vivrière. Les difficultés débutent lorsqu’elle veut rendre cette activité commerciale. Elle ne peut non plus avoir accès au crédit, car l’une des garanties demandées par les établissements de crédit est le titre foncier », précise Bidjeha née Amann Adeline.

Mais les lignes commencent à bouger. Certaines femmes rurales sont aujourd’hui des patronnes de petites entreprises. « Je vends mes produits agricoles aux citadins de Bertoua et je pense à recruter des ouvriers que je vais payer. Nous voulons étendre notre plantation et en créer d’autres. Il nous faut de l’accompagnement du ministère et des moyens financiers, parce que nous les femmes rurales, nous contribuons à lutter contre la vie chère », déclare Charlotte Kameni, agriculture dans la localité de Ndoumbi, à une quinzaine de km de Bertoua. Spécialisée dans la culture de la pastèque, du concombre, du haricot et  du melon, elle n’a pas comme nombre de ses congénères, de problème d’évacuation de sa production. Le bitume est proche de ses champs.

Mais toutes ont des problèmes pour trouver des financements à leur activité. D’où l’intervention de certaines ONG comme Plan Cameroun, à travers des projets d’autonomisation. L’ONG travaille entre autres, pour la mobilisation et la création de groupements villageois d’épargne et de crédit, avec une méthodologie proche de celle des établissements de micro finance. Un système qui fonctionne dans 132 communautés dans l’Est, avec la création de plus de 250 groupes de 25 personnes, dont 80% de femmes rurales. « Dans nos zones d’intervention, les femmes sont de plus en plus responsabilisées. Nous tendons vers leur autonomisation et elles en ressentent déjà les bienfaits », affirme Cyrille Tsakoue, chargé du suivi et de l’évaluation de projets à Plan Cameroun.