Felix Agbor Balla : « J’avais été informé de mon arrestation à l’avance »

Le leader de la contestation anglophone s’est exprimé à la télévision ce dimanche 22 octobre. Une première depuis sa sortie de prison en septembre dernier.

Felix Agbor Balla est revenu sur la crise anglophone et les conditions de son incarcération à la prison centrale de Kondengui. C’était au cours d’une interview accordée par l’avocat à la chaîne de télévision Equinoxe Tv, et diffusée le 22 octobre.

Au cours de cet entretien, Felix Agbor Balla a révélé qu’il avait été informé de son arrestation bien avant que cela se produise. «J’aurai pu éviter de me faire prendre car, alors que je descendais pour me rendre chez Fontem, j’ai reçu un appel d’un diplomate travaillant pour une ambassade qui m’a informé que j’allais me faire arrêter. Je me suis tourné et j’ai dit à mon frère avec qui j’étais,  » ils disent qu’on va m’arrêter, mais je m’en fous » ».

Dans la suite de son récit, Felix Agbor Balla raconte avoir été espionné par des agents des services de renseignement, avant d’être interpellé alors qu’il attendait Fontem Neba, autre leader de la revendication anglophone, non loin de son domicile.

« L’officier de police nous a dit que nous allions chez le délégué régional. En tant que natif de Buea, nous savions que le bureau du délégué n’était pas vers le haut, là où on nous conduisait, mais plutôt en bas, vers Santa barbara. C’est alors là que Fontem a commencé à s’agiter. Il a passé un coup de fil, et a commencé à crier, « ils m’ont kidnappé moi et Me Agbor « . Au niveau de l’université de Buea, ils ont été pris de panique, ils ont changé de direction, et nous ont emmené au Gmi … au Gmi, ils nous ont mis dans un autre véhicule, puis ils nous ont dit que nous allions voir le gouverneur … une fois de plus ils ont pris une autre direction et ont foncé vers Douala. Arrivés à Douala, quatre hommes armés nous ont rejoints dans le véhicule, et c’est ainsi que nous avons fait la ligne Douala -Yaoundé, assis à l’arrière d’un pick up, la voiture filant à vive allure« .

Felix Agbor Balla dit avoir été mis dans la même cellule dans laquelle était logé Titus Edzoa, au Secrétariat d’Etat à la défense. Quelques jours après, ses compagnons et lui ont été écroués au quartier le plus sécurisé de la prison centrale de Kondengui. « J’étais inquiet, mais j’étais calme car j’avais toujours à l’esprit de ne pas leur laisser croire qu’ils m’avaient atteint, car le combat psychologique« , a-t-il confié.

Au sujet de la crise anglophone, Felix Agbor Balla a déclaré être pour une reprise des cours et des audiences dans les tribunaux. « Peut-être pas demain, peut-être dans un an, mais je suis entièrement favorable à un retour à la normale dans les zones en crise », a-t-il affirmé. Felix Agbor Balla s’est par ailleurs dit prêt à toujours servir son pays, même s’il affirme catégoriquement qu’il ne peut pas accepter un quelconque poste dans un gouvernement du président Biya, en l’état actuel des choses.

Pour finir, Felix Agbor Balla a dit qu’il ne se prononcera sur la candidature de son collègue Me Akere Muna que lorsqu’il aura vu son programme politique. Car pour lui, ce n’est que cela qui peut permettre de savoir si oui ou non, sa candidature pourra être bénéfique à tous les camerounais.