Faut-il se fier à la visite technique des véhicules?

L’état de certaines automobiles en circulation remet en cause la fiabilité de l’opération.

La journée démarre très mal pour Généviève B., infirmière dans une formation sanitaire de la place.

Le taxi qu’elle a emprunté pour se rendre rapidement à son lieu de travail ne cesse de tirer vers la gauche, obligeant le chauffeur à s’arrêter toutes les cinq minutes, pour se réajuster. Excédée, la jeune dame finit par demander à descendre. « Madame, c’est juste un petit problème de parallélisme. On va y arriver », tente de plaider le conducteur. Sur ces entrefaites, la compagnie tombe sur un contrôle de police. Le brave brandit son dossier : il est complet. Tout est en ordre y compris la visite technique. Pourtant, à regarder la carcasse qui peine à grimper les côtes et à freiner d’un coup, l’on se demande bien comment est-ce possible.

Premier arrêt : un centre de contrôle technique automobile au quartier Omnisports à Yaoundé. Tout est calme. Aucun véhicule visible sur la piste de contrôle. Les contrôleurs automobiles, eux, se tournent les pouces dans l’attente d’un quelconque client. « Depuis ce matin, nous n’avons contrôlé que quatre véhicules. Pourtant, avant, à pareille heure, on était submergé par des automobilistes. Les clients se font de plus en plus rares », confie l’un des contrôleurs. Selon notre source, « le nombre d’automobilistes qui avait l’habitude de faire contrôler leurs véhicules ici a énormément chuté passant de 250 véhicules par jour à 100 ». C’est malheureusement le même scénario dans les autres centres de visite technique de la place. Pas d’affluence et ce, malgré les multiples campagnes de sensibilisation et de rappel à l’ordre du ministère des Transports.

C’est donc curieux que lors des contrôles de police, tout le monde quasiment soit en règle blanche. Véhicules très âgés compris. « Il y a de ces épaves là dehors… Vous voyez à l’œil nu qu’elles ne répondent plus aux normes pour rentrer dans la circulation. Mais elles ont une visite technique en règle», dénonce un observateur. La visite technique est pourtant obligatoire et vise la sécurité des usagers de la route. C’est la raison pour laquelle le ministère des Transports a initié depuis peu, une énième  campagne. Il s’agit d’amener les conducteurs qui n’adhèrent pas à cette opération et ceux qui obtiennent le procès verbal (PV) de contrôle à se mettre au pas. Car, non seulement ils mettent leur vie en danger, mais aussi celle des autres usagers de la route.

« Quand la panne est grave, nous ne délivrons pas de PV de contrôle, mais un contre-PV qui liste les pannes détectées. Toutefois, pour les pannes mineures, on peut juste sensibiliser l’automobiliste », se défend le responsable d’une structure de contrôle. Nombre d’automobilistes disent ne pas trouver d’utilité dans le contrôle de leurs véhicules. « Je n’ai pas besoin d’aller dans un centre de contrôle technique pour savoir si mon véhicule est en bon état ou pas. Je me rends directement chez le garagiste lorsque ma voiture tombe en panne », soutient l’un d’eux. Une attitude qui laisse songeur.