FAME NDONGO DÉROULE LE TAPIS ROUGE À PIERRE DÉSIRÉ ENGO

Le patron régional du Rdpc dans le Sud a profité de la présence du patriarche à la finale de la coupe du secteur Bulu-sud, pour sceller la réconciliation.

Personne n’avait imaginé que ce serait en marge d’un match de championnat de vacance de football, que le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup), Jacques Fame Ndongo et Pierre Désiré Engo, allaient fumer le calumet de la paix depuis la sortie de prison de l’ex-Dg de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). Aussi vrai que cela puisse paraître, c’est bel et bien à la finale de la coupe du secteur Bulu-sud, dont l’édition 2019 s’est disputée à Alen, à un jet de pierre de la résidence du patriarche Engo, le week-end dernier, que les deux élites ont décidé de mettre un terme à cette sorte de guerre froide qui, depuis des années, éloignait l’une de l’autre.

Tout va se passer pendant le coup d’envoi de la rencontre qui oppose Juventus d’Ekoumdoum à Colombe de Ndengue. Tenant le patriarche Engo par la main, le chef de la délégation régionale du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) pour le Sud improvise un bain de foule au milieu des supporters. Les deux personnalités font le tour complet du stade avant de sacrifier au rituel qui lance enfin les hostilités entre les deux équipes. «Je tiens à saluer la présence à cet événement de mon grand frère, le ministre Pierre Désiré Engo (il faut ministre de l’Economie) qui m’a toujours encadré depuis mon retour de France, et que j’encourage pour son implication dans les activités concernant la jeunesse», lancera Jacques Fame Ndongo.

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Il se raconte sous cape que depuis la sortie de prison de Pierre Désiré Engo, en 2014, l’on assiste à sa résidence de Ndengue, à un ballet incessant d’hommes politiques du département de la Mvila parmi les plus insoupçonnés et de hauts cadres de l’administration. Certains s’y rendraient pour présenter des excuses à celui qui, pour beaucoup, a été « abandonné » par ses « frères » quand il était en disgrâce. Le portail des camerounais de Belgique. Cet homme réputé généreux et altruiste et qui se serait personnellement investi pour l’électrification de plusieurs localités d’Ebolowa et trouvé de l’emploi à des centaines de jeunes, entre autres actions au sein de sa communauté, avait été condamné dans plusieurs affaires de détournements de deniers publics en 1999. Après 15 années de réclusion à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui au cours desquelles il aura pratiquement été oublié de la mémoire collective, il avait bénéficié de la grâce présidentielle en février 2014.

Depuis sa sortie de prison, Jacques Fame Ndongo et lui ne s’étaient plus parlés, du moins publiquement. Le week-end dernier, le Minesup s’est affiché en public avec son aîné, afin, sans doute, que les mauvaises langues qui le citent parmi ceux qui auraient joué les «Juda» dans le feuilleton de sa déchéance, soient confondus. «Mon grand frère et moi travaillons main dans la main. C’est ce que le président Paul Biya nous demande de faire. Nous devons vivre dans la fraternité, l’amitié et la solidarité parce que nous visons le même objectif et parce que nous avons le même père, son Excellence Paul Biya», déclarera-t-il.