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Existe-t-il encore une beauté africaine ? Que reste-t-il de la beauté de la femme africaine ?

Elles veulent presque toutes ressembler à Beyonce, Shakira, Kate Moss…Elles veulent toutes être blondes ou brunes, avoir des jambes interminables, avoir un teint clair-mate, être mince, très mince avec des lèvres charnues, une poitrine pulpeuse, et un fessier légèrement rebondi.Elle est révolue l’époque des pagnes, des « Kabagondo », des jolis bracelets, des jolis colliers, de l’huile de karité, des jolies tresses, des poudres de Kaolin, des peaux luisantes au soleil.

Désormais, les jeunes femmes africaines puisqu’il s’agit d’elles, veulent presque toutes avoir des tatouages et piercings un peu partout sur le corps, même au niveau des parties les plus insoupçonnables. Les « Kabagondo », les pagnes et autres jolis accoutrements ont laissé place aux tenus les plus obscènes : DVD (dos et ventre dehors), VCD (ventre et cuisses dehors), VMS (voici mon string), SMS (suis mon string), DMC (Déshabilles moi chéri)…

Adieu tresses, tissages et nattes ! Bonjour greffes, mèches et teintures !

Elles se peignent à présent le visage avec des produits de toutes sortes et de toutes les couleurs. On distingue même une espèce de femmes appelées « femmes arc en ciel » ou « femmes caméléon » dont les yeux croupissent généralement sous le poids des phares et teintures multicolores. Par un soleil cuisant, il n’est pas rare de rencontrer une femme noire au visage suintant de liquide nauséabond. Si vous rencontrez une telle femme, détrompez-vous, elle n’est pas en pleurs. C’est juste l’effet du soleil sur les artifices et crèmes de tout genre qui ornent son visage. Il n’est pas rare aussi de croiser en une nuit de décembre une « femme noire sapin de Noel » dont la ceinture multicolore telle une guirlande orne les hanches, dont des boucles fantaisistes pendant telles des boules de Noel sont accrochées aux oreilles, dont les phares recouvrant les yeux brillent comme l’étoile de Bethléem annonçant le lieu de la naissance du Christ.

Pourquoi ont-elles besoin de s’encombrer de tant d’artifices pour paraître belles ? Et pourtant, c’est connu que la femme africaine naturelle est la plus belle.

Elle est morte la femme africaine naturelle et fière de l’être. Elle est née la femme africaine artificielle, celle qui utilise ses maigres économies pour se faire refaire les seins et les fesses.

Avec l’explosion des Médias, d’internet, la diffusion des séries télévisées hollywoodiennes, des telenovelas en Afrique et la prolifération sur les marchés africains des magazines de mode occidentaux, la femme africaine a perdu ses repères et ses modèles. Elle a tendance à s’identifier à la femme occidentale, oubliant ainsi ses canons de beauté originels tant célébrés et magnifiés par la poésie africaine. Comme en témoigne cet extrait du poème Femme noire de Léopold Sédar Senghor.

« Femme noire, femme obscure

Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète,

Aux flancs des princes du Mali

Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or rongent ta peau qui se moire

A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, Femme noire

Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Eternel

Avant que le destin jaloux, ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie. »

Elle semble lointaine l’époque de la femme noire et fière de l’être que magnifiait Léopold Sédar Senghor. Tant pis pour les nostalgiques de la belle époque ! On vous dira qu’on n’arrête pas la mode. De toutes les façons, il faut vivre avec son temps.

Elle semble révolue l’époque où la femme africaine était fière de son joli teint noir ébène qui luisait au soleil. Elles veulent désormais toutes être blanches comme leurs idoles. Pour cela, elles se sont plongées dans la dépigmentation communément appelée « Tchatcho » au Mali, « Bojou » au Bénin, « Xeesal » au Sénégal et « Kopakola » dans les deux Congo. Bravant les risques de cancer de la peau, elles utilisent les produits toxiques et dangereux (eau de javel, hydroquinone, eau oxygénée..). Les conséquences sont parfois lourdes pour la santé : Les acnés, les brûlures, les mycoses et les eczémas. Dans certaines villes africaines, on observe l’apparition d’une nouvelle espèce de femme appelée selon les régions « tout couleur », « peau de panthère », « coca –Fanta » ou alors « couleur taxi ». Ce sont des femmes

qui après avoir raté leur dépigmentation se retrouvent avec des tâches noires disgracieuses un peu partout sur la peau. Les complexes hérités de la colonisation ont décidément la peau dure. Elle est terminée l’époque où les femmes corpulentes avaient la cote. Complexées par leur poids et leurs formes généreuses, les femmes africaines se plongent de plus en plus dans des régimes forcés et draconiens pour apparaître chétives, anorexiques avec un postérieur plat comme une planche .Que voulez-vous, il paraît que c’est la mode ! « Colonialisme modal », quand tu nous tiens ! Les femmes minces ne sont pas en reste ; elles se oignent les fesses, les seins et les hanches avec des « pommades et décoctions magiques » afin d’avoir le postérieur de Jennifer Lopez, les seins de Pamela Anderson et le déhanché de Shakira. Les plus riches optant généralement pour la chirurgie esthétique.

Jadis en Afrique, les Hommes avaient une préférence pour les femmes pleines de rondeurs, avec une forte et généreuse poitrine communément appelée dans le jargon local « lolos ». On distinguait même une échelle de classification de « lolos » par ordre décroissant de grosseur ; parmi les catégories les plus courues et prisées, on distinguait les lolos pastèques, les lolos papayes, les lolos noix de coco et les lolos oranges. Le fessier était aussi un canon de beauté très déterminant dans les canons originels de beauté africaine. Les femmes aux fessiers denses, relevés et soutenus communément appelés selon les pays (les Dombolo, les botcho, les bobarabas, les makandi, les tassaba, les wolossos) étaient considérés comme très belles.

Elles balançaient leur fessier avec une grâce divine au point d’en faire perdre la tête au curé du coin. Les femmes qui possédaient des « pistolets » développaient une silhouette à la forme d’une guitare espagnole, les modèles coca-cola ne laissaient personne indifférent. Avec une telle artillerie lourde, les femmes africaines étaient sûres de mettre le feu, de foutre le désordre dans les pantalons des hommes les plus sérieux à moins de temps qu’Eve pour convaincre Adam de manger la pomme au jardin d’Eden. C’était une véritable invitation au péché.

Avec l’explosion des Médias, d’internet, la diffusion des séries télévisées hollywoodiennes, des telenovelas en Afrique et la prolifération sur les marchés africains des magazines de mode occidentaux, la femme africaine a perdu ses repères et ses modèles. Les canons de beauté de la femme africaine ont tendance à s’harmoniser avec ceux de la femme occidentale. Triste est de constater que le colonialisme se poursuit à travers la mode, la culture et les medias. L’Africain semble n’avoir rien à proposer sur la scène internationale et demeure un éternel consommateur des cultures, modèles importés et imposés.

Existe-t-il encore une beauté proprement africaine ? Que reste-t-il de la beauté de la femme africaine ? Comment conserver nos canons de beauté dans un contexte de mondialisation et de modernisme ? Telles sont les questions de la semaine

Chers messieurs, qu’est-ce qui vous attire chez une femme africaine en plein 21ième siècle ?

Les Critères de beauté variant d’une personne à une autre, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Et Comme dirait l’artiste, « toutes les femmes sont belles, la beauté est relative ».

Le but de ce sujet lié au débat hebdomadaire de Camer.be n’est pas de renier les apports de la mondialisation et du modernisme, mais d’inviter la femme africaine à savoir en faire bon usage. Nous invitons les femmes africaines à garder leur identité culturelle et leur beauté naturelle.

La rédaction de Camer.be remercie Wake Up Africa (wakeupafrica1@yahoo.fr) pour cette contribution !

La rubrique le débat est la vôtre. Vous pouvez vous aussi comme Wake Up Africa, l’auteur du sujet du débat de cette semaine, nous soumettre des thèmes et des sujets à débattre aux courriels suivants:seumo@hotmail.com  ou mieux encore à<a

Pour ceux d’entre vous qui nous ont soumis des sujets à débattre et qui ne sont pas encore publiés, prière de bien vouloir patienter. Ils seront diffusés. Nous vous remercions d’avance et vous remercions aussi pour votre marque de sympathie

Autre nouveauté de la rubrique, la rédaction de camer.be se charge de transmettre vos suggestions constructives aux autorités compétentes. Bon  débat et bon  dimanche. Sur ce, bonne et heureuse année 2014 à toutes les jolies créatures d’Afrique !

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