Exclusion systematique des Bamilekes des nominations: Le Laakam interpelle le President de la republique

Objet : Inquiétudes profondes sur l’exclusion des Bamilékés dans les récentes nominations aux fonctions de Conseiller et d’attaché culturel dans les missions diplomatiques, ainsi que sur les autres discriminations.

 

 

Monsieur le Président de la République,
En temps de guerre, c’est la nation entière qui démontre son unité autour des institutions et de son chef, et exprime le plus clair et le plus fidèle soutien aux forces de défense et de sécurité, de même qu’aux populations de première ligne victimes.

LAAKAM rappelle que la Communauté Bamiléké vous a apporté et continue de vous apporter tout son soutien dans cette épreuve, ce qu’elle a si bien démontré en contribuant pour plus d’un milliard à l’effort de guerre placé sous la supervision de monsieur le Ministre René Emmanuel Sadi.

LAAKAM saisit l’occasion pour réitérer ce qu’elle vous a dit à plusieurs reprises, notamment que rien de ce qui portera atteinte à l’intégrité territoriale de notre pays, à sa souveraineté ainsi qu’à sa sécurité, ne viendra de la région de l’Ouest.

LAAKAM a cependant à coeur, d’exprimer ses plus vives inquiétudes à votre Excellence, au regard de l’exclusion qui prend de l’ampleur, des Bamilékés des nominations dans certa(ns démembrements centraux et déconcentrés de I’Etat. Le décret du 15 septembre 2015 relatif à la nomination dans les services extérieurs du ministère de I’enseignement supérieur constitue l’un des cas les plus embarrassants. Alors que les étudiants Camerounais à l’étranger sont à plus de 70% Bamiléké* aucun fonctionnaire Bamiléké ne figure dans la

pléiade de Conseillers et d’attachés culturels nommés dans douze missions diplomatiques.

LAAKAM rappelle à ce propos, que c’est l’ensemble des services extérieurs et centraux de ka diplomatie camerounaise, qui est dorénavant presque asséché de Bamilékés (3%).

LAAKAM note que cette politique d’exclusion systématique voire de marginalisation, est devenue tellement grave que sur le décompte de toutes les nominations officielles du Ier

janvier 2015 au 15 Août 2015, les Bamilékés ne représentent que 2,8%.

LAAKAM note que la marginalisation dans les nominations aux fonctions officielles, se fait en même temps que les grandes entreprises Bamilékés sont pressées par l’administration

fiscale et l’administration douanière. En ce moment elles sont plus d’une vingtaine à se voir frappées de redressements de plusieurs dizaines de milliards, au seul motif que les caisses de l’Etat seraient vides et qu’elles doivent se saigner. Très souvent elles sont sans recours, et ne jouissent d’aucune écoute, d’autant plus que de tous les inspecteurs des impôts et des douanes envoyés sur le terrain, il n’y plus jamais ou pas du tout de Bamilékés. Par ailleurs, les avantages accordées aux entreprises étrangères à l’instar de Lafarge, les Brasseries, Guinness ou encore Prometal, sont refusés ou minorés pour les Bamilékés.

LAAKAM rappelle les dernières nominations à la CRTV, où sur une trentaine de hauts responsables/Directeurs, on a eu de la peine à inclure un Bamiléké. En dépit des protestations, aucune mesure corrective n’a été prise. Les Bamilékés seraient-ils subitement devenus bêtes, moins instruits, moins qualifiés, moins diplômés ?

LAAKAM attire la plus haute attention de votre excellence sur les implications de ces pratiques qui ont deux volets significatives : L’accélération de l’exil de jeunes talentueux d’une part, et la délocalisation de certaines activités des sociétés accompagnée de la fuite des capitaux et de la perte de précieux investissements d’autre part.

LAAKAM réitère sa conviction selon laquelle, les politiques discriminatoires devraient être abandonnées et le décret obscurantiste sur les concours administratifs qui date de 1990 rapporté. En effet ce Décret qui institutionnalise et légalise la médiocrité a causé d’immenses torts à notre pays en retardant son développement, en privilégiant l’incompétence, la défaillance généralisée de l’administratibn publique et le règne de la corruption.

LAAKAM dit que rien ne justifie l’exclusion et la marginalisation des Bamilékés des structures publiques, des promotions et des nominations, comme le montre une analyse très précise de leur raréfaction accélérée au fil des ans, dans tous les grands corps, résultat des concours professionneis sectaires et des admissions biaisés dans les Ecoles.

LAAKAM encourage votre excellence à engager des actions fermes pour y mettre fin, pour privilégier enfin la compétence et le mérite, comme condition d’une réelle volonté d’émergence à laquelle vous tenez.

LAAKAM renouvèle à votre Excellence sa plus haute considération, et vous assure une fois de plus, pleinement et sans arrière-pensée aucune ni agenda caché, son ferme et respectueux soutien dans la guerre âpre contre le terrorisme et la barbarie diligentées par Boko Haram.
M.SINDJOUN POKAM,Secrétaire Général
-J.C. SHANDA TONME,Chargé de Mission, de l’information et des Relations Publiques