Evasion au rythme du « mendzang »

Tous les dimanches, au quartier Elig-Essono à Yaoundé, cet instrument musical traditionnel bantou anime les soirées.

20h28 mn ce dimanche. Nous sommes au carrefour-Ceper et, plus exactement, au « New-Martino ». C’est au quartier Elig-Essono. Ça se passe en plein air et « c’est ainsi tous les dimanches dès 16h depuis bientôt cinq ans », nous confie la tenancière, Charlotte Fotso. Le « mendzang » – balafons dictent leur écho. Certaines personnes sont assises, d’autres debout, tant qu’à faire ! D’ailleurs, assis ou debout, seul ou accompagné, on se laisse aller. On danse au rythme envoûtant et saccadé des balafons. Au beau milieu de la cour,  entouré par des « danseurs » engagés, l’artiste donne le tempo. Sa voix aiguë qui perce le silence de la nuit reprend un ancien succès. La foule fredonne avec lui. Des nostalgiques ivres de joie  revivent leur jeunesse. Comme un seul homme, ils se lèvent et vont remercier le chanteur avec quelques billets. Il n’est pas facile d’arracher un mot à quelqu’un car les moments de répit sont rares. L’ambiance est chaude !

Au « New-Martino », toutes les races, classes sociales, tranches d’âge, tous les genres sont représentés. Interrogées sur la manière dont elles ont fait la connaissance du lieu, Marie-Olga E.et Simone M., deux jeunes Camerounaises vivant en France et en Angleterre nous disent que c’est grâce à leur sœur qui vit dans la ville. Elle-même confesse que c’est le voisin qui en parlait. En revanche, Alain N. nous avoue que c’est à la suite d’une rixe avec un taximan qu’il s’est retrouvé là. Tout à fait par hasard donc. Dans tous les cas, volontairement ou accidentellement, les soirées du « mendzang » à Elig-Essono sont presque devenues un rendez-vous culte.