Euro 2016. Pays de Galles – Belgique : les notes du match

Malgré une belle entame de match et une ouverture du score magnifique de Nainggolan, la Belgique s’est fait surprendre 3-1 par un brillant Pays de Galles. Les partenaires de Bale joueront une place en finale de l’Euro contre le Portugal mercredi prochain mais sans Ramsey qui sera suspendu.

 

 

Place au second quart de final de l’Euro 2016. Le Pays de Galles, l’une des surprises de la compétition, affrontait la Belgique, l’un des plus sérieux outsider. Les Dragons ont d’ores et déjà réussi leur Euro en se hissant à ce stade de la compétition mais ils pouvaient encore croire en leurs chances grâce à un tableau ouvert. Leur philosophie, basée sur un socle défensif costaud et des contres éclaires, pouvait venir embêtait une équipe belge pas toujours à l’aise pour diriger les débats. La vitesse de Gareth Bale ainsi que la technique de joueurs tels que Ramsey et Allen pouvaient poser des soucis à leurs adversaires. Car en plus, Wilmots était confronté à de nouveaux problèmes défensifs avec la suspension de Vermaelen et la blessure de Vertonghen. Ainsi, Denayer occupait l’axe en compagnie de Alderweireld alors que Jordan Lukaku prenait le couloir gauche. Reste que les Diables Rouges ont impressionné au tour précédent face à la Hongrie malgré quelques occasions concédées.
Dans un stade Pierre-Mauroy de Lille paré de la couleur rouge mais acquis aux Belges, la rencontre devenait rapidement haletante. Les Diables prenaient l’ascendant durant la première demie-heure et ce procuraient même une tripe occasion. Après un débordement de Lukaku, Carrasco, Meunier puis Hazard voyaient leurs tentatives repoussées par la défense galloise (7e). Ce premier coup de chaud annonçait la suite. Les Dragons accumulaient les erreurs techniques, les fautes (3 jaunes après 24 minutes) et semblaient empruntés. Ils allaient même logiquement concéder l’ouverture du score avec ce coup de canon signé Nainggolan (0-1, 13e). Il faut croire que cela les débloquait. Le match prenait doucement une autre tournure et la défense belge commençait à donner des signes de fébrilité. Après un arrêt XXL de Courtois devant Taylor sur un centre de Ramsey (26e), les Gallois égalisaient par l’intermédiaire de Williams. Sur corner, le capitaine prenait le meilleur sur le jeune et trop tendre Jordan Lukaku et expédiait sa tête au fond des filets (1-1, 30e). Avant la mi-temps, le Pays de Galles se montrait dangereux en contre. Bale mettait même Courtois à contribution (34e). Finalement, après un départ tonitruant, la Belgique pouvait presque être satisfaite de garder le nul à la pause.
A la mi-temps, Wilmots voyait bien que son équipe prenait l’eau. Il changeait ses plans en sortant Carrasco pour aligner Fellaini. La Belgique se remettait alors à rejouer son football. Lukaku se procurait une belle occasion sur un centre de Meunier mais il manquait sa reprise (47e). Hazard aussi y allait de sa tentative. Décalé côté gauche, il repiquait dans l’axe mais lui non plus n’attrapait pas le cadre (49e). Malgré leur regain de forme, les Belges se faisaient surprendre par un nouveau contre gallois et pas un geste de très grande classe. Bale décalait Ramsey qui trouvait Robson-Kanu dans l’axe. Au point de penalty, l’attaquant parvenait à se retourner d’un dribble à la Cruyff pour enrhumer toute la défense. Il n’avait plus qu’à ajuster Courtois (2-1, 55e). Surprise, la Belgique allait tout donner pour revenir. Seulement elle se heurtait à une défense imperméable grâce notamment à un Williams impassable. Chester effectuait lui un retour dans les pieds de Lukaku alors que Fellaini manquait le cadre de la tête alors qu’il se trouvait à six mètres du but (73e). A force de manquer des occasions et de laisser des espaces, les Diables Rouges se sont fait punir sur une nouvelle attaque éclaire où Vokes était à la conclusion grâce à une belle tête décroisée (3-1, 86e). La Belgique ne reviendra pas et se fait éliminer par une équipe du Pays de Galles toujours plus surprenante. Les Dragons défieront le Portugal pour une place en finale mercredi prochain à Lyon mais Aaron Ramsey qui sera suspendu.
L’homme du match : Williams (8) : rassurant et serein pour sa charnière, il a généralement relancé proprement ses ballons. Le capitaine des Dragons a permis à ses coéquipiers de revenir dans la partie par un coup de tête rageur (31e) sur un corner millimétré de Ramsey. Il a souvent mis en danger l’arrière-garde de Marc Wilmots sur les coups de pied arrêtés. Un match très solide.
Pays de Galles :
- Hennessey (6) : efficace face à Hazard (7e), il ne peut rien faire face à la puissante frappe de Nainggolan (13e). Il a par la suite très peu touché le cuir mis à part sur un coup franc de De Bruyne (63e). Il a assuré sur les rares situations dangereuses.
- Gunter (5,5) : dépassé par la rapidité d’Eden Hazard, il a eu du mal à contenir les chevauchées de l’ailier de Chelsea. Il a davantage contribué à l’équilibre son équipe en défense. Il s’est très rarement projeté dans son couloir droit. Il est toutefois passeur décisif sur le troisième but des Dragons. Averti (23e).
- Chester (6,5) : légèrement difficulté dans les duels avec Lukaku, il s’est montré toutefois vigilant sur sa ligne par sa bonne lecture du jeu en annihilant avec justesse les actions des Diables Rouges (70e). Il a par la suite bien cadenassé l’attaquant d’Everton.Averti (16e)
- Williams (8) : voir ci-dessus.
- Davies (6) : peu sollicité en première période, il a souvent bien contré les velléités des Belges, grâce à son bon positionnement. Il s’est toujours replacé rapidement sur les contres de la sélection belge. Averti (5e).
- Taylor (6) : très vigilant défensivement, il s’est illustré également offensivement en étant tout proche d’égaliser face à Courtois (25e). Il n’ a pas hésité à monter pour apporter un soutien offensif supplémentaire. Il est redescendu au fil du match pour aider ses partenaires.
- Allen (6,5) : a bien alterné jeu court-jeu long pour fluidifier le jeu des Dragons. Précieux par son bon pressing, il s’est montré agressif dans ses duels pour stopper les intentions des Diables Rouges. Le joueur de Liverpool n’a jamais relâché ses efforts et a assuré dans ses transmissions.
- Ledley (6) : utile à la récupération, il s’est contenté de bien faire circuler le ballon et de jouer relativement court dans l’entrejeu. Il a perdu néanmoins quelques ballons mais sans conséquence. Il a baissé en intensité au fil du match. Remplacé par King (77e).
- Ramsey (7,5) : généreux dans l’effort, il a souvent tenté de perturber la charnière des Diables Rouges par ses longues transversales et en cherchant notamment ses attaquants dans la profondeur. Il s’est montré plutôt adroit dans ses centres et surtout sur un corner décisif (31e), et en adressant un caviar à Robson -Kanu. Averti (74e). Remplacé par Collins (89e).
- Bale (7) : toujours aussi virevoltant sur le couloir gauche, il a souvent pris de vitesse la défense belge pour faire la différence. Il a été l’un des moteurs des Gallois durant cette rencontre en percutant grâce à sa puissance et surtout par sa vivacité sur le front de l’attaque. Il s’est montré moins tranchant en seconde période.
- Robson-Kanu (7,5) : volontaire, ses coéquipiers l’ont toutefois rarement trouvé sur le devant de l’attaque galloise. Bien muselé par la charnière belge, s’il n’est jamais parvenu à se mettre réellement en évidence durant la rencontre, il s’est mis à l’oeuvre en deuxième période en ajustant parfaitement du gauche Courtois (55e). Remplacé par Vokes (80e) qui crucifie les Belges (85e) par une belle tête décroisée sur une passe de Gunter.
Belgique :
- Courtois (4,5) : pas vraiment mis en danger durant presque une demi-heure, le gardien de Chelsea a sorti le grand jeu devant Taylor (26e). Il est ensuite resté concentré comme sur ce tir à ras de terre de Bale (33e), mais il n’a pas su se montrer décisif en encaissant trois buts. A sa décharge, il ne peut pas faire grand-chose sur cette tête de Williams, ce geste fou de Robson-Kanu ou encore le dernier but de Vokes. Pas décisif pour autant.
- Meunier (5,5) : le probable futur joueur du PSG a rendu une copie assez propre jusqu’au but de Robson-Kanu. Rarement mis en danger sur son côté, il a su maîtriser la situation même si la vitesse adverse ou les changements d’aile l’ont parfois gêné. Surtout, il se fait complètement enrhumer par la feinte de l’attaquant sur le second but gallois (55e). Offensivement, il a encore été impressionnant. Il participe à cette fameuse triple occasion en tout début de match (7e) et a alimenté ses partenaires en centres même s’ils n’arrivaient pas tous à destination.
- Alderweireld (6) : il devait assurer le leadership de la défense le temps d’un match, pas évident quand on est soi-même soumis à certains trous d’air, mais le joueur de Tottenham a plutôt été bon. Rigoureux sur son placement et son travail de couverture, il a tenu son rang. Il est souvent sorti vainqueur de ses duels et ses relances ont donné satisfaction. Il aurait même pu donner une passe décisive à Fellaini (73e), mais il a fini par craquer en toute fin de rencontre lorsqu’il est battu par Vokes (85e).
- Denayer (3) : il devait remplacer un cadre de la défense en la personne de Vermaelen. Chose pas vraiment évidente et ça s’est vue. Pas forcément bien aidé par son milieu de terrain, il a été exposé à la vitesse de Bale (34e). Il s’est toujours efforcé à défendre debout, mais comme Meunier, il est pris par le somptueux dribble de Robson-Kanu (55e) ce qui ternit sa prestation d’ensemble. Aussi, il n’est pas aidé par le jeune Lukaku.
- J. Lukaku (2,5) : Remplaçant de Vertonghen, le petit frère de l’attaquant a été le point faible de son équipe. Il a perdu de nombreux duels et n’a pas toujours assuré son placement. Il est d’ailleurs doublement responsable sur l’égalisation de Williams en concédant le premier corner et en lâchant son marquage sur le capitaine gallois. Plus globalement, les vagues adverses sont souvent venues de son côté. Remplacé par Mertens (73e) qui a mis le feu en fin de rencontre sans changer le score.
- Witsel (6) : lui aussi a été un cran en dessous. Il effectue pourtant une bonne première mi-temps où il offre de bonnes garanties dans l’équilibre du collectif. Il a bouché quelques trous laissés par ses coéquipiers. Un gros travail de l’ombre en plus de projections vers l’avant pour ouvrir des espaces, mais durant la seconde période, il a été bien plus discret. Il a tout de même tenu la baraque sur coups de pied arrêtés.
- Nainggolan (6) : un missile dans la lucarne de Hennessey (13e) qui débloquait rapidement la situation a confirmé son bon début de match. Présent au combat, relanceur au milieu, il offrait des solutions pour ses partenaires plus offensifs, mais comme le reste de son équipe, il s’est étonnement éteint au fil de la rencontre. Il a même perdu quelques duels.
- Carrasco (2,5) : l’ancien Monégasque aura vraiment déçu ce soir. Discret et pas vraiment tranchant ni dans ses appels, ni dans ses interventions balle au pied, il n’aura pas réussi à animer son couloir à l’image de son duel face à Hennessey (7e). Remplacé à la mi-temps par Fellaini (5,5) (46e) qui aura été bien plus entreprenant, mais qui se sera heurté à son excès d’engagement. Après avoir écopé d’un premier avertissement (59e), il a frôlé l’exclusion à plusieurs reprises. Néanmoins, il a donné plus de liberté à ses attaquants et s’est souvent imposé dans les airs. Il manque la balle d’égalisation (73e).
- De Bruyne (3,5) : un peu à l’image de Carrasco, il aura manqué son match. Presque fantomatique en première période, il n’a pas donné les bons ballons nécessaires et n’a pas réussi à combiner avec Hazard ou Lukaku. Un peu mieux en seconde grâce à un nouveau dispositif tactique où il a pu offrir quelques ouvertures, le joueur de City s’est cette fois-ci heurté à sa maladresse technique puis a fini par disparaitre. Décevant.
- Hazard (4) : homme providentiel durant le 8e de finale, cette fois-ci le joueur de Chelsea est passé un peu à côté. Pourtant tout démarrait parfaitement avec une nouvelle passe décisive (13e) à son compteur dans cet Euro, et une frappe contrée qui aurait pu terminer au fond des filets (7e). En seconde période, après un nouveau tir qui venait lécher le poteau de Hennessey, il s’est mis à déjouer. Il portait longtemps le ballon et avait du mal à trouver ses coéquipiers.
- R. Lukaku (3) : remuant sur le front de l’attaque en début de match comme avec ce centre qui aboutissait sur cette triple occasion (7e), l’attaquant d’Everton est ensuite retombé dans ses travers des premiers matches. Il a manqué quelques gestes comme cette reprise (47e) puis a fini par devenir totalement transparent. Remplacé par Batshuayi (83e) qui n’a pas eu l’occasion de mettre en évidence.