Etoundi Oyono, comme un passager de la 25ème heure.

Etoundi Oyono, comme un passager de la 25ème heure.

Etoundi Oyono n’a pas de chance avec le Port de Douala. Les choses ne sont pas meilleures encore depuis son retour aux affaires et avec une condamnation majuscule qu’il a évitée de justesse.

Le port de Douala est quasiment paralysé depuis quelques semaines. Un des portiques installés dans le terminal à conteneurs ne coopère plus depuis bientôt un mois. Conséquence, les armateurs, les acconiers et autres transitaires sont dans une colère noire. La colère est plus noire encore chez les commerçants qui comptaient sur les diligences des transitaires pour faire les bonnes affaires de fin d’année. Pour certains d’entre eux, ils attendaient des marchandises pour achalander les magasins, les navires ont passé jusqu’à une semaine, plus parfois à la première bouée à l’entre du chenal du Wouri. Les clients n’ont pas été servis, et les grands magasins de la capitale économique en sont à compter des pertes. Très mauvaises affaires.

Chenal ensablé, panne de portiques

Pour les commerçants, les pertes sont incommensurables. Les armateurs ne sont pas moins en colère. Pour Etoundi Oyono, un malheur ne venant jamais seul. C’est depuis son retour au Port de Douala que le Chantier naval et industriel du Cameroun a choisi de se mettre en grève. La conséquence en est que la drague « Chantal Biya » est restée sous cale et n’a pas été remise en service depuis plus d’un mois. Le chenal du port d’estuaire qui a besoin d’être dragué en permanence n’a pas été à la profondeur optimale du tirant d’eau et les bateaux avaient toutes les peines du monde à accéder au Port de Douala. On a ainsi recensé pas moins de 26 bateaux échoués sur le chenal du Wouri depuis une petite saison. Pour cause d’un tirant d’eau insuffisant.

Etoundi Oyono n’a suffisamment pas de chance avec « son » port. Là où il dit lui-même qu’il mange grassement. Ironie du sort, lors de son premier passage avant son premier limogeage pour la Maetur, il avait ouvert un front de guerre contre rené Mbayen de la Camship et donc, contre vincent Bolloré dont le groupe gère le terminal à conteneurs du PAD et est associé du consortium Boscampos pour le dragage du chenal. Un directeur général du PAD, un outil macroéconomique d’une telle importance, n’avait pas besoin d’une telle série de mauvais coups. A gérer un chenal qui ne laisse plus passer les grands navires, et même lorsque les navires ont pu passer, il n’y a pas de portiques pour décharger des conteneurs.

Etoundi Oyono en est à crier au complot alors qu’il devrait s’en prendre à lui-même. Une question qu’il ne se pose toujours pas : et si Paul Biya avait nommé au port de Douala un homme incompétent qui a des visées qui ne sont pas celles de Paul Biya ? Les administrateurs au port de Douala en sont eux aussi à se poser la question. Ils ont un directeur général qui instruit des procès pour les accabler d’avoir fait main basse sur les caisses du port. L’homme en question est sous le coup d’une condamnation et est devenu très infréquentable bien qu’il n’ait pas encore enregistré de casier judiciaire.

 

Mais la cohabitation avec lui et son conseil d’administration pourrait être des plus difficiles. Dans son coin, le directeur général tient les noms des artisans coupables de ses mésaventures à répétition. Pour ses déboires avec la justice camerounaise, il tient pour certain que c’est Laurent de Laurent Esso le démon. Pour le chenal ensablé, c’est forcément la faute du Coréen du Chantier Naval qui a créé le climat délétère auquel on doit la grosse grève des personnels.

Pour le terminal à conteneurs, c’est encore une malchance. Mais Paul Biya qui tient absolument à son point de l’émergence économique à l’horizon 2035 enragerait d’observer que le Port de Douala, par où s’écoule 95 % du commerce extérieur du Cameroun en soit réduit à des performances aussi mièvres. Et si Etoundi Oyono était par inadvertance devenu le passqger de la 25ème heure du Port autonome de Douala ? Le président camerounais devrait aussi violemment s’en prendre à vincent Bolloré, son ami de la Françafrique, le capitaine d’industrie de la Gaule à qui on, ne refuse rien au Cameroun. La bataille pour la concession du terminal à conteneurs aura été simplement épique. vincent Bolloré n’a lésiné sur aucun moyen pour tenir le port de Douala, contre les pouvoirs publics, contre les concurrents comme Progosa ou autres.

Mais les complications commencent lorsqu’on revisité les péripéties qui ont conduit à la situation actuelle. Les portiques du terminal à conteneurs ont été financés par des crédits japonais. vincent Bolloré, qui gagne beaucoup d’argent dans l’exploitation dudit terminal en concession n’aura donc pas constitué des réserves pour amortissement pour dépanner les portiques qui tomberaient en panne. Plus grave encore, le cahier de charges de l’opérateur Bolloré prévoyait qu’il installerait des portiques supplémentaires au bout d’une certaine période, on attend toujours. Et si le meilleur fossoyeur du port de Douala était aussi son meilleur « saigneur » ? Etoundi Oyono tient son meilleur bouc émissaire, omniprésent à tous les syndicats évoluant au Port, patron du chenal, grand armateur et gros transitaire de la place portuaire avec SDv Socopao ou Saga, grand opérateur en monopole absolu de la logistique pétrolière autour du pipeline, vincent Bolloré n’est pas homme à faire des cadeaux à des pieds nickelés qui s’appellent Etoundi Oyono.

camernews-Port-Douala

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