Etats-Unis: l’ex-patron du FBI charge Trump

James Comey accuse le président américain de l’avoir empêché d’enquêter sur l’intrusion de la Russie dans son élection

 

L’ancien patron du Federal Bureau of Investigation (FBI), l’agence américaine de renseignement,  limogé il y a quelques semaines, était hier devant la Commission du renseignement du Sénat pour s’expliquer sur ses différents entretiens avec le président américain. D’abord la conversation avec Donal Trump lors du dîner que celui-ci lui a accordé le 27 janvier dernier à la Maison blanche. En détails, James Comey a révélé que Donald Trump a sollicité sa «loyauté». «J’ai besoin de loyauté, je m’attends à de la loyauté», lui aurait dit le président des Etats-Unis. «Mon sens commun me fait dire qu’il (Donald Trump, NDLR) avait conclu qu’en me gardant, il n’avait finalement rien obtenu, et que ce dîner était une tentative d’obtenir de ma part une forme de loyauté. Il cherche à obtenir quelque chose en m’accordant le droit de rester à la tête du FBI», a expliqué l’ancien directeur du FBI.
Puis, vint le tête-à-tête du 14 février dans le bureau ovale. A l’occasion, M. Trump aurait sollicité de son hôte l’abandon de l’enquête sur Michael Flynn, son conseiller à la sécurité nationale, limogé en février dernier et mis sous pression pour n’avoir pas révélé le contenu de ses échanges avec l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis. «J’espère que vous pourrez trouver une façon d’abandonner cela, de lâcher Flynn. C’est un homme bien», aurait alors dit le président Trump à son invité. «Quand le président vous dit ‘j’espère que’, on comprend généralement qu’il vous demande quelque chose», a-t-il ajouté. Mais, l’occupant du bureau ovale a toujours nié avoir fait une telle proposition à James Comey.
Revenant sur les raisons de son limogeage, James Comey a rejeté les arguments brandis par Donald Trump pour justifier sa décision. «Certes, le président n’est pas obligé de justifier sa décision, mais il a tenu des propos diffamatoires en disant que les personnels du FBI n’avaient pas confiance en moi. (…) Je regrette de ne plus travailler pour cette organisation, mais cette institution continuera sa mission», a-t-il lancé. Ce témoignage pourrait avoir des conséquences pour la suite du mandat de Donald Trump, empoisonné depuis le 20 janvier, jour de son investiture, par des soupçons de collusion entre des membres de son entourage et des responsables russes. Le président américain suivait en direct cette audition retransmise à la télé, entouré de ses conseillers.