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Etats-Unis – Afrique : Un sommet pour rien !

Etats-Unis – Afrique : Un sommet pour rien !

L’élection de Barack Obama à la tête des Etats-Unis avait suscité l’enthousiasme et l’espoir en Afrique. Beaucoup avaient pensé que ce noir Américain de père kenyan allait beaucoup faire pour le continent de ses aïeuls. Très vite, ils ont compris que Barack Obama est un Américain élu par les Américains, pour la défense des intérêts américains. A deux ans de la fin de son mandat, il a convié sur le sol américain ses homologues africains pour un sommet économique en début du mois d’août 2014. Ils étaient une cinquantaine de chefs d’Etat africains jugés «fréquentables», triés sur le volet puisqu’on aura pris le soin d’éviter Omar El Béchir du Soudan, Robert Mugabe du Zimbabwe et Isayas Afewerki de l’Erythrée.

De manière générale, ce sommet au départ économique, a eu des versants politique et sécuritaire. Sur le plan économique, l’essentiel des discussions a concerné l’Agoa, instrument économique imaginé par le président Bush Junior permettant aux pays africains bénéficiaires de vendre certains de leurs produits sur le marché américain sans supporter les droits de douane. Cette formule avantageuse pour les économies africaines arrive à son terme bientôt.

Il fallait voir les conditions de son renouvellement. En outre, le président des Etats-Unis lors de ce sommet a promis 33 milliards de dollars d’aides publiques et d’investissements privés à l’ensemble des pays africains étalés sur une période de trois ans, c’està- dire jusqu’en 2017. Notons tout de même que certaines statistiques fiables indiquent que les épouses des chefs d’Etat africains et certaines grandes dames du continent dépensent en moyenne chaque année pour leurs tresses en occident 600 milliards de francs Cfa. Il faut indiquer également que le président Obama avait reçu au préalable des jeunes africains appelés «Jeunes leaders» sur qui il fonde en réalité beaucoup d’espoir pour le futur de l’Afrique.

Sur le plan politique, les questions de gouvernance et de respect des droits de l’Homme étaient au centre des échanges. Certains chefs d’Etat à l’instar de Blaise Compaoré du Burkina Faso et Joseph Kabila de la RD Congo étaient reçus par le Secrétaire d’Etat John Kerry qui, à cette occasion, leur a signifié l’inquiétude des Etats Unis par rapport à leur volonté de modifier la constitution de leurs pays respectifs en vue de leur momification au pouvoir. Sur les droits de l’Homme, les Américains ont indiqué leurs attentes pour le respect de la liberté des citoyens et surtout la promotion de la démocratie. Mais ironie du sort, lors de ce séjour des chefs d’Etat africains aux Etats Unis, Jacques Nyongo, exilé congolais aux Etats Unis a été passé à tabac par une dizaine des membres de la garde du président Joseph Kabila parce qu’avec certains de ses amis, ils ont brandi des pancartes peu élogieuses à l’endroit du président de la RD Congo.

Comme pour démontrer aux Américains le concept des droits de l’Homme et de démocratie à l’africaine, un chef d’Etat est un roi qui ne doit pas être contrarié. Le bilan définitif de ce passage à tabac a été de six dents arrachées et des hématomes sur tout le corps du pauvre Jacques Nyongo. Sur le plan de la sécurité, un groupe restreint s’est penché sur cette question importante lors des travaux en atelier. Tous sont unanimes qu’il faut adopter une stratégie commune pour faire face à l’insécurité et au terrorisme qui menacent les Etats africains et plusieurs autres à travers le monde. Les Etats-Unis ont promis d’apporter une collaboration active et un appui multiforme aux armées et gouvernements africains.

Il faut tout faire pour les rendre opérationnelles et efficaces dans l’accomplissement de leurs missions de sécurisation des personnes et des biens. En définitive, au vu du maigre bilan ramené de ce sommet, il n’est pas compréhensible, voire acceptable qu’un pays se mette en face d’un continent. Comme c’est le cas de la France-Afrique, de la Chine-Afrique, de l’Inde-Afrique, du Japon-Afrique et enfin des USA-Afrique. Pourtant, tous les analystes s’accordent à dire que l’avenir économique du monde se trouve en Afrique avec ses multiples ressources. Comment dès lors comprendre qu’un seul pays soit en face d’un continent comportant 54 Etats. L’Afrique est-elle finalement un continent ou un pays ? That’s the question !

 

 

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