ET S’IL MONTRAIT L’EXEMPLE: PAUL BIYA DEMANDE DES SACRIFICES À SON GOUVERNEMENT ALORS QU’IL CONTINUE À ENTRETENIR UN TRAIN DE VIE PRINCIER

ET S’IL MONTRAIT L’EXEMPLE: PAUL BIYA DEMANDE DES SACRIFICES À SON GOUVERNEMENT ALORS QU’IL CONTINUE À ENTRETENIR UN TRAIN DE VIE PRINCIER

C’est une exception bien camerounaise. A la tête de l’Etat depuis 32 ans, le président de la République, Paul Biya concentre tous les pouvoirs mais à chaque fois qu’il doit répondre de la déliquescence du pays, il se défausse hargneusement (aidé en cela par des thuriféraires) sur son gouvernement qu’il flagelle sans concession et livre cyniquement à la vindicte populaire.

On a encore en mémoire son cinglant réquisitoire de décembre 2013 contre le gouvernement taillé en pièces lors de la traditionnelle adresse de fin d’année.

Jamais en panne de pirouette politique, Paul Biya vient d’en remettre une couche lors du récent conseil ministériel au cours
duquel il a stigmatisé la propension dispendieuse de son gouvernement.

Mais a-t-il seulement vu la poutre qui se trouve dans son œil ? En matière de dépenses somptuaires et inefficaces, il est difficile de faire mieux que Paul Biya. La solennité martiale qu’il imprime à toutes ses sorties impose une mobilisation budgétaire exceptionnelle.

Ses cortèges sont un fleuve sans fin avec une importante mobilisation en matériel roulant et en ressources humaines dont le clair fait le nombre et agrémente le décor.

La récente finale de la Coupe du Cameroun prouve à suffisance que le Président n’est pas prêt à lésiner sur la dépense quand il s’agit d’entretenir le mythe présidentiel. De même, on s’explique difficilement la création de toute une école au sein même de la présidence de la République qui vient consacrer cet « apartheid » éducatif que Paul Biya et son entourage entretiennent en sortant leurs enfants du système éducatif camerounais classique.

Un milliard pour 13 jours !

Mieux encore, ses multiples déplacements à l’étranger sont souvent frappés du sceau de l’opacité. On ne sait jamais quand il rentre et la délégation très souvent obèse qui l’accompagne le suit aux frais de l’Etat.

En août 2009 (comme en 2006) par exemple, Paul Biya et sa suite se sont offert des vacances princières à La Baule en France. Le président camerounais a pris ses quartiers à L’Hermitage, un cinq étoiles en bord de mer où il a mobilisé 43 chambres pour un montant journalier de 42 000 euros (27millions de FCFA) .Soit une facture totale approchant le million d’euros (650 millions de FCFA), puisque la dé- légation présidentielle était restée trois semaines sur place. « Mieux que les vacances de Sarkozy, Bush et Obama réunis », s’exclamait alors la presse hexagonale.

Autre exemple : parti du Cameroun le 31 mars dernier pour participer au sommet Union européenne – Afrique organisé à Bruxelles en Belgique, du 2 au 3 avril 2014, le chef de l’Etat et sa délégation d’une trentaine de membres ont « claqué » près d’un milliard de FCFA en 13 jours à l’hôtel Continental de Genève en Suisse. Avec un budget oscillant autour de 55 milliards de FCFA, la présidence de la République ne pourrait tenir de tels écarts budgétaires. Elle dispose donc de fonds de « souveraineté» dans lesquels Paul Biya puise sans compter et à propos desquels il ne rend compte qu’à lui même.

Pourtant, dans un contexte alourdi par le raidissement de l’Etat et la répression des libertés publiques, le président qui veut déplacer le curseur de la vie politique vers des préoccupations économiques aurait pu faire un geste fort en annonçant par exemple la diminution du budget de la présidence de la République. Comme Macky Sall au Sénégal qui a réduit le budget de la présidence sénégalaise de 43,17% l’année dernière (43,618 milliards FCFA contre 76,756 milliards FCFA en 2013, soit une ré- duction de 33,138 milliards
FCFA).

Mais même de ce saupoudrage, le chantre du Renouveau n’en a cure. Il lui suffit une fois encore de changer son gouvernement qu’il accuse de tous les torts. Comme on change un fusible grillé par une décharge électrique.

 

camernews-Biya-Paul

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