Escroquerie foncière: Me Menye sort de sa réserve

Dans une correspondance adressée à l’hebdomadaire Kalara et dont nous avons eu copie, le sénateur apporte des éclaircissements sur l’affaire Mewoli, dans laquelle il est absurdement accusé de manipuler la justice.

Dans son adresse, Me Menye Ondo Pierre François Xavier explique: «Il a été clairement démontré que l’un de mes collaborateurs avait reçu l’acte de vente, tandis que l’autre avait reçu la promesse de vente… Les deux actes ont été envoyés à l’enregistrement sans avoir au préalable recueilli ma signature et sans m’en référer.» Le notaire poursuit : «Dès que j’ai été informé de la supercherie, j’ai immédiatement saisi la police judiciaire pour escroquerie foncière de la part du vendeur qui lui, savait qu’il vendait un même bien à deux personnes différentes.» Le sénateur de la Vallée du Ntem affirme par ailleurs que lorsque la décision de justice l’acquittant a été rendue, il n’exerçait pas encore cette profession. Par ricochet, il n’était pas couvert par l’immunité parlementaire. Il y a également lieu de signaler qu’au moment du procès qui l’oppose à Mme Chembou et consorts, l’époux de cette dernière est juge dans la même juridiction ayant rendu la décision et pouvait de ce fait, exercer une pression sur ses collègues. Par ailleurs, soutient l’homme de loi : «En professionnel, je puis vous affirmer que si cet acte avait été porté à ma connaissance, je n’aurais pas accepté que Mme Chembou déclare une vente de mille neuf cent trente cinq mètres carrés à trois cent mille francs (300.000 Fcfa) au risque de l’exposer à des poursuites judiciaires pour dissimulation de prix.»

Cette sortie au vitriole de Me Menye intervient après la publication d’un article l’indexant comme faisant partie de ces personnalités qui contrôlent la justice camerounaise. L’hebdomadaire du monde juridico-judiciaire Kalara, dans son édition spéciale parue il y a une semaine, indique : «Ce notaire s’était rendu célèbre par les nombreuses affaires de fraude et de faux en écriture dans lesquelles son étude était impliquée. Celles qui ont retenu l’attention de Kalara et qui font l’objet des procès en ce moment sont relatives à des transactions foncières. Une de ses affaires est celle qui l’oppose depuis 2001 à Françoise Chembou (constituée partie civile)».

Le journal de Christophe Bobiokono ajoute : «Cette dernière (Françoise Chembou, ndlr) achète dans les environs de Soa un terrain à la succession Mewoli Christophe. L’achat se fait par devant notaire, Me Menye Ondo. Ce dernier n’enregistre pas l’acte de vente, à en croire les plaignants. C’est alors qu’intervient un nouvel acteur, Louise Ngo Pom, ancienne journaliste au poste national de la Cameroon radio television (Crtv). Celle-ci viendra revendiquer des droits sur le même terrain. Elle affirme que la succession Mewoli lui aurait fait la promesse de vente du terrain querellé devant le même Me Menye Ondo». Selon le journal, le tribunal a donné raison au notaire, auteur de l’acte contesté et ce dernier a été acquitté à la surprise de tous, alors que Louise Ngo Pom a été condamnée. Kalara conclut : «Et depuis que la partie civile a interjeté appel, l’affaire piétine et va vers une suspension à la Cour d’appel du Centre comme l’ont été d’autres, tout le temps que va durer le mandat du sénateur Menye qui bénéficie depuis deux ans de l’immunité parlementaire. Même si l’on sait que celle-ci peut être à tout moment levée.» Des accusations qui, à la lecture des explications avérées et vérifiables apportées par le notaire sur l’environnement de cette affaire, s’avèrent grossières.