Erythrée, Syrie, Gaza et Boko Haram au menu

Le Conseil des droits de l’homme entame lundi une session de trois semaines à Genève. De multiples crises vont l’occuper, a indiqué mercredi son président, Joachim Ruecker.

A l’ouverture des débats, lundi, le Haut Commissaire aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein donnera un aperçu de l’ampleur des défis à relever. La première journée sera aussi marquée par un débat urgent demandé par l’Union européenne sur la question des migrants.

Il devrait traiter des racines du problème et mettre en évidence sa dimension droits de l’homme, a affirmé le président du Conseil. Si l’initiative est saluée positivement en pleine crise migratoire en Méditerranée et en Asie du sud-est, aucune décision n’est toutefois prévue à l’issue du débat.

Crimes contre l’humanité

Les membres du Conseil discuteront du suivi à donner aux constats accablants de trois commissions d’enquête. Tant en Syrie qu’en Erythrée, les experts de l’ONU ont fait état de possibles crimes contre l’humanité.

La saisie de la Cour pénale internationale (CPI) pour juger leurs responsables est cependant bloquée par le Conseil de sécurité de l’ONU. Les diplomates n’ont donc pas beaucoup d’options à leur disposition, sinon de prolonger le mandat des enquêteurs.

Le rapport sur les violations commises lors de l’offensive militaire israélienne à Gaza en juillet-août dernier, prévu d’abord en mars, retardé, n’est pas encore publié. Même si le document est édulcoré par rapport à une première version, la réaction de rejet d’Israël ne fait guère de doute.

Un débat est prévu sur les atrocités commises au Nigeria par le groupe islamiste Boko Haram. L’expert sur le Bélarus présentera son rapport. Et les violations en Centrafrique seront également passées au crible.

Violences contre les femmes

La prévention de la violence domestique, le droit à l’éducation de toutes les filles, les mariages forcés, avec la participation de la prix Nobel iranienne Shirin Ebadi, seront en outre débattus, ainsi que le respect des droits de l’homme dans la lutte antiterroriste. Quelque 21 experts de l’ONU présenteront leurs observations.

Les Etats-Unis proposent une résolution sur la liberté d’expression dans le domaine artistique. Ils cherchent à dissiper les craintes de certains pays qu’il s’agit avant tout de mieux protéger les caricaturistes, après l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo en janvier.

Comme à chaque session, de nombreux événements parallèles sont organisés, quelque 160 à l’initiative d’organisations non gouvernementales et de gouvernements. Le président du Conseil devra également nommer deux nouveaux experts, sur l’albinisme et le droit à la vie privée à l’ère numérique.

L’Arabie saoudite, membre controversé du Conseil, a renoncé à présenter sa candidature (non officielle) à la présidence de cet organe de l’ONU pour 2016 et levé ainsi une hypothèque. Le Pakistan, l’Indonésie, les Philippines pourraient se présenter au sein du groupe asiatique, à qui revient la présidence l’année prochaine, indique-t-on de source diplomatique.