Enseignements secondaires: Un enseignant accuse les proviseurs des lycées de violer la loi pour ce qui est du Calendrier scolaire

Emmanuel NKunke  Ngouaba, enseignant et chercheur en Sciences de l’Education reproche aux chefs d’établissements publics de ne pas respecter le programme de composition fixé par le Ministère des Enseignements secondaires.

Dans la plupart des lycées du Cameroun, les élèves des classes intermédiaires ont été mis en congé depuis la fin du mois d’avril 2015. Pour Emmanuel Nkunke Ngouaba, enseignant et chercheur en sciences de l’éducation, cela est contraire aux dispositions de l’arrêté no 084/b1/1464Minedub/Minesec du 24 mai 2014 fixant le calendrier de l’année scolaire 2014/2015 qui fixe en son article 11 (3) la période réservée aux compositions et à la correction des copies du lundi 25 mai au vendredi 29 mai 2015.

D’après cet enseignant, ces pratiques qui s’observent depuis plusieurs années dans les lycées du Cameroun créent de graves dysfonctionnements au plan pédagogique, le temps d’apprentissage faisant partie des facteurs qui déterminent la qualité des enseignements. « Dans la plupart des lycées de Douala et de Yaoundé, le temps annuel d’apprentissage  (900 heures) prévu par l’Etat n’est pas atteint. Le phénomène est perceptible dans les classes où les élèves ne présentent pas d’examen officiel. D’après nos enquêtes sur  terrain, les élèves de 6è ou de 4è perdent 160 heures de cours par an (35 au cours de l’année et 125 en fin d’année). Soit un total cumulé de  640 heures pour un élève qui arrive en classe de 3ème ; et 800 heures non couvertes, pour un élève qui arrive en Première A, C ou D. Ainsi, chez nous, l’élève de Troisième (face au BEPC) et celui de Première (face au Probatoire) est fortement handicapé », regrette-t-il dans une tribune publiée par le Quotidien La Nouvelle Expression du mardi 12 mai 2015.

Selon Emmanuel Nkunke, ce déficit quantitatif des cours vient s’ajouter à la prestation pédagogique approximative liée aux piètres conditions d’apprentissage : l’absence de matériels didactiques, les salles de cours délabrées, les effectifs pléthoriques, les laboratoires vétustes ou inexistants. Le chercheur en sciences de l’éducation semble par ailleurs avoir trouvé les raisons de cette démobilisation quasi généralisée observée dans les lycées en fin d’année scolaire. « En effet, la période avril-mai est celle de vaches maigres : les « récoltes » issues des recrutements des élèves sont épuisées, les caisses sont vides. Pis aussi, c’est la période des « semences » : beaucoup d’enseignants « carriéristes » écument les bureaux des ministères pour consolider leur poste ; d’autres pour préparer leurs prochaines nominations. Ils cherchent désespérément à tomber sur un bon « réseau », à remettre un CV, à glisser une « enveloppe », à transmettre une « recommandation », etc », explique-t-il. A cette allure, les lycées du Cameroun occuperont toujours les dernières places dans le palmarès annuel de l’Office du Baccalauréat du Cameroun(OBC), toujours dominé par les collèges confessionnels qui, selon Emmanuel Nkunke Ngouaba, récoltent les fruits d’une bonne planification et d’un bon respect de leurs activités pédagogiques.