Enseignement Supérieur: Des séminaires offerts par la Chine créent un nouveau scandale à l’IRIC

Des enseignants de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun dénoncent leur mise à l’écart, au profit d’agents d’appui.

Dans son édition de ce vendredi 10 juillet 2015, le quotidien Mutations révèle un nouveau scandale qui secoue l’une des plus prestigieuses écoles supérieures du Cameroun. Le journal indique que tout commence par une correspondance -n°67/2015/Bcec/Ac- de Gao Yongqin, conseiller économique et commercial de l’ambassade de la République populaire de Chine à Yaoundé, en date du 13 avril 2015, adressée à Pierre Emmanuel Tabi, ministre plénipotentiaire, directeur de l’Iric. M. Gao indique à M. Tabi que la Chine organisera des séminaires en 2015 à l’intention des ressortissants des pays africains francophones et anglophones, notamment à Beijing, de juin à octobre, selon un chronogramme et des thèmes bien définis.

Une série de séminaires portant sur le développement économique et social, et devant aboutir à la mise sur pied d’un think-thank (laboratoire d’idées) pour les pays africains francophones et anglophones, le développement durable, la coopération Sud-Sud, les théories de stratégie sécuritaire des pays développés ou encore la smart government (gouvernement par l’intelligence).

Dans le choix des candidats qualifiés pour participer auxdits séminaires susmentionnés, le journal indique qu’aucun des cinq chefs de département que compte l’institut n’a été contacté. Plus encore, même le directeur adjoint chargé des études, Stéphane Ngwanza a été, d’après diverses sources, ignoré dans la sélection des candidats au départ de la Chine, laquelle est jugée « arbitraire ». Des sources qui ont révélé que « le directeur de l’école porte son choix sur des agents d’appui tels que son secrétaire particulier, le chef des jardiniers, l’intendant, la secrétaire du directeur adjoint ou la responsable de la communication, et des assistants ».

Sur ces accusations, Pierre Emmanuel Tabi, contacté par la rédaction du journal, n’a pas souhaité s’y pencher. A l’Ambassade de Chine, l’attaché commercial, Li Ziliang (qui a servi d’interface entre l’Iric et l’ambassade) a indiqué au journal que « c’est le directeur de l’Iric qui a donné la liste des candidats retenus. La partie chinoise ne recommande pas des candidats. Nous avons naturellement fait confiance au directeur. Si les enseignants de cette école sont fâchés, ils doivent s’en prendre à leur directeur et non à la l’ambassade de Chine ».

Près de cinq mois après le scandale des étudiants déclarés admis, recalés puis réadmis, sur « très hautes » instructions du président de la République, voilà que l’Iric revient au-devant de la scène dans un nouveau scandale qui fera certainement couler beaucoup d’encre et de salive.