ENEO devrait franchir la barre du million de clients connectés avant la fin de l’année

Dans une discussion avec des journalistes tenue en marge de la signature du deuxième avenant au contrat de concession qui lie aujourd’hui Energy of Cameroon (ENEO) à l’Etat du Cameroun, Joel Nana Kontchou, le directeur général de cette structure en charge de la distribution de l’énergie électrique dans le pays a fait savoir que la barre du millions de clients connectés devrait être franchit à la fin du mois d’août 2015.

« Actuellement nous sommes autour de 980 000 clients, mais il y a bon espoir lorsque je regarde les différents indicateurs, que nous puissions dépasser le million de clients d’ici la fin du mois d’août » a déclaré M. Kontchou à la veille, ce jour-là (7 août), de sa première année au poste de directeur général, de l’entreprise majoritairement détenue (56%) par le fonds d’investissement britannique Actis.

De l’avis de M. Kontchou, la signature de ce deuxième avenant au contrat permet d’avoir une meilleure visibilité et devrait soutenir l’accroissement du nombre de clients connectés et par conséquent du nombre de personnes ayant accès à l’électricité. « 45% de nos clients sont dans les villes de Douala et de Yaoundé et nous travaillerons à améliorer notre présence dans les autres zones urbaines du pays », a-t-il fait savoir.

L’initiative répartit en effet, entre plusieurs acteurs, les charges qui pesaient uniquement sur ce qui était le seul opérateur du secteur de l’énergie électrique au Cameroun. Désormais, l’État devrait intervenir dans la gestion des barrages de retenue d’eau et sur la gestion du réseau des transports énergétiques selon le Ministre Basile Atangana Kouna, en charge de l’eau et de l’énergie.

Mais la situation n’est pas exempte de défis pour ENEO. L’entreprise devra poursuivre avec l’assainissement du réseau de distribution dont les infrastructures (poteaux, câbles et transformateurs) sont autant à renouveler que le réseau de transport. La persistance de la fraude et le non-paiement des factures par certains consommateurs, dont l’État, reste un souci pour la trésorerie de l’entreprise, qui en amont doit subir la facture des surcharges des transformateurs, et en aval, risque de voir s’accroître ses besoins en fonds de roulement.

L’opérateur a été sévèrement critiqué par la population il y a quelque peu, lorsque celle-ci a fait face à des vagues de délestages, officiellement pour des raisons de baisse du régime des eaux fluviales. « Le défi énergétique n’est pas un simple problème dans notre pays, et pour dire les choses normalement, dans toute la région africaine. Les besoins en investissements sont importants, les marges de rentabilité sont faibles et les contextes doivent encore s’améliorer. L’ensemble des acteurs doit accorder une importance supplémentaire à cette situation », a confié Joel Nana Kontchou.

La signature du deuxième avenant au contrat de l’opérateur historique marque un tournant. Du fait de ses acquis, ENEO devrait encore garder le leadership de la production et de la distribution d’une bonne partie de l’énergie électrique au Cameroun. Mais dans le milieu, il se dit que de nombreux opérateurs sont aguets, et devraient désormais pleinement investir dans le secteur. Une situation de concurrence dont les associations de consommateurs d’énergie électrique, attendent un meilleur prix du kilowatt pour les ménages