Endettement: La signature du Cameroun toujours soutenable

L’Agence de notation financière Standard & Poor le maintient à la catégorie« B/B ».

Le rythme d’endettement du Cameroun a quelque peu inquiété la dernière mission du Fmi, conduite, Mario de Zamarioczy. L’institution de Breton Woods tirait la sonnette d’alarme afin que le Cameroun ne se trouve pas enrôlé dans la spirale négative de l’emprunt. Toute chose qui peut à coup sûr le placer à nouveau sous ajustement structurel. Situation que le Fmi ne souhaite pas. Ainsi, il avait recommandé au gouvernement « le suivi plus assidu de la performance et de l’endettement des entreprises publiques », précisait Mario de Zamarioczy.
Malgré ce signal d’alerte du Fmi, l’agence de notation financière Standard & Poor’s (S&P) a maintenu la note du Cameroun à la catégorie «B/B», sur sa dette à long terme et à court terme, avec une perspective stable sur les douze prochains mois. L’agence de notation justifie sa position dans son communiqué du 23 octobre, par le fait que la dette publique du Cameroun « reste faible, mais risque d’augmenter rapidement sous l’effet du creusement des déficits ».

Sur l’état d’endettement, la S&P projette une augmentation sur la période 2015-2018. Il va atteindre les 35% du Pib en 2018, contre 23% du Pib à la fin 2014. Pour le taux de croissance du Pib, l’agence prévoit sur la même période un ajustement à 5,7% en moyenne. « Le Plan d’urgence triennal lancé par le gouvernement en décembre 2014 pourrait contribuer à l’amélioration des chaînes de valeurs agricoles au développement », lit-on dans le communiqué de l’agence S&P. Aussi, s’agissant des risques pouvant infléchir à cette perspective, se trouve en bonne place le processus de succession à la présidence. Mais, l’agence s’attend à ce que «le président Paul Biya reste au pouvoir jusqu’aux prochaines élections présidentielles prévues en fin 2018, moment où il quittera probablement ses fonctions ».
Les agences de notation financière sont chargées de l’évaluation du risque de solvabilité des emprunteurs. Il s’agit entre autres des entreprises privées ou publiques, des États, des collectivités locales comme les départements ou les régions, des communes. D’après les experts, la catégorie « BB » à l’agence de notation financière Standard & Poor’s signifie que « l’affaire commence à être spéculative et que le risque de non remboursement est plus important sur le long terme ». Lorsque cette agence vous classe en catégorie « B », c’est que La probabilité de remboursement est incertaine. Il subsiste un risque assez fort.