En Centrafrique, une flambée de violences meurtrières

Le bilan reste incertain mais ce sont au moins dix personnes qui ont été tuées dans des heurts, samedi 26 septembre à Bangui, selon des sources médicales et des habitants.

Des dizaines de personnes ont également été blessées. Il pourrait s’agir des violences les plus meurtrières depuis le début de l’année dans la capitale centrafricaine, où des troupes françaises et des casques bleus de l’ONU s’emploient à maintenir la sécurité.

C’est l’assassinat, en début de journée, d’un jeune conducteur de moto-taxi dans un quartier musulman qui aurait déclenché des affrontements. Selon une source hospitalière, la plupart des victimes ont été atteintes par balles. Les tirs ont été suivis par des mouvements de panique des habitants, amenant certains à fuir leur quartier.
Violences « inutiles »

Dans un communiqué, le gouvernement de transition a fermement condamné ces « violences inutiles, qui interviennent à un moment où la Centrafrique en général et la ville de Bangui en particulier aspirent à la paix et à la sécurité ».

La République centrafricaine avait sombré dans le chaos en mars 2013 quand les rebelles de la Séléka, en majorité musulmans, avaient pris le pouvoir, entraînant une riposte des miliciens chrétiens « anti-balaka » et une partition de facto du pays. La France avait envoyé sur place plusieurs milliers de soldats fin 2013 pour tenter de ramener le calme. La force française Sangaris a aujourd’hui laissé la place à la Minusca, la force des Nations unies.

Le niveau des violences a considérablement baissé depuis ces événements mais des groupes armés sévissent toujours dans certaines parties du territoire. Des élections présidentielle et législatives sont officiellement prévues avant la fin 2015. L’organisation des scrutins a toutefois pris beaucoup de retard, rendant plus que vraisemblable un nouveau report des élections.