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En attendant le remaniement

En attendant le remaniement

Depuis la tenue des dernières élections législatives et municipales de septembre 2013, lesquelles devaient logiquement être suivies d’un costaud remaniement ministériel (toujours attendu), et tenant compte des résultats y afférents et de la nouvelle carte géopolitique du Cameroun, le pays est aujourd’hui au poids mort. Les ministères fonctionnent au ralenti, tant aucun ministre en poste ne prend plus d’initiatives, tous étant incertains de rester en fonction. Ils connaissent bien l’homme-Lion… Rien ne marche dans ce pays depuis que les gens attendent impatiemment le remaniement…

On, on, on attend, on attend le remaniement, le remaniement ne vient pas ! Le Cameroun est donc en panne, et ce n’est pas un euphémisme que de le déclarer haut et fort ! Toutefois dans ce pays où rien ne marche plus, à cause de l’attente du remaniement, il est un secteur d’activités qui foisonne de bénéfices, sans booster la croissance. C’est celui du maraboutage et du charlatanisme. Et comment ? Les ministres en fonction ont peur de perdre leur poste, et ceux qui aspirent à entrer au gouvernement se bousculent chez les sorciers, les apprentis-sorciers, les marabouts et les charlatans…

 

 

N’avez vous pas remarqué une pénurie de coqs rouges ces derniers temps dans nos marchés ? C’est que cet oiseau de la basse cour est la bête la plus demandée par les sorciers pour «attacher» Paul Biya, en dehors, bien entendu, des autres ingrédients magico-maléfiques que sont : les oeufs de crocodiles, des larmes de lézards, les poils du pubis du gorille, le sexe du rhinocéros… En un mot, les marabouts se frottent les mains par ces temps d’attente du remaniement-qui-ne-vientpas, et leurs labos affichent complets.

On y voit de grosses cylindrées y garer toutes les nuits, des murmures et des bains de minuit, sans oublier des fumées d’encens qui s’évaporent des masures ensorcelées. Tout ça pour Paul Biya… Une autre pratique a cour ces derniers temps, c’est le phénomène des gens responsables (hommes et femmes) qui se garent dans les rues de Yaoundé et Douala, puis se déshabillent et marchent nus sur des longues distances en faisant fi des moqueries populaires. Cette pratique est récurrente et très à la mode depuis quelques années… Une autre recette en vogue consiste, pour le ministre et le ministrable, à entretenir des rapports sexuels avec une folle n’ayant pas pris son bain depuis Mathusalem. Tout ça pour le poste…

Parmi les sorciers qui ont la cote ces jours, au Cameroun, les femmes Bororo ne sont pas en reste. Elles sont aussi sollicitées et vendent des poudres hybrides qui «fabriquent» des ministres et les protègent d’autres sortilèges envoyés par des ministrables concurrents… Tout ça pour le pouvoir… Et dire qu’à cause du remaniement, le pays ne fonctionne plus. Ministres et ministrables désertent leur cabinet au profit des voyages à l’Est, chez les pygmées, questions de se blinder pour plaire, non pas à leurs maris ou à leurs dames, mais pour envouter… Biya.

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