Electrification: Tout le monde veut éclairer l’Afrique

Les Etats, les institutions financières internationales, les Organisations de la société civile et même de simples individus proposent des initiatives pour que chaque Africain ait accès à l’électricité.

«Energy Africa», c’est la dernière initiative en date destinée à soutenir l’électrification du continent. Le programme lancé par la Grande Bretagne vise à fournir au continent «une énergie abordable, fiable, durable, moderne et universelle  d’ici 2030», a précisé  le gouvernement britannique dans un communiqué publié courant octobre 2015. L’initiative britannique part de l’idée qu’«un approvisionnement fiable en électricité est l’un des outils les plus puissants pour sortir les gens de la pauvreté». Elle est dotée d’un budget de 300 millions d’euros, destinés en priorité à l’énergie solaire, présentée comme la solution idoine pour atteindre les régions désenclavées du continent, en particulier les zones rurales. «Energy Africa» vient rejoindre plusieurs autres initiatives sur le continent.
En mars 2015, l’ancien ministre français, Jean-Louis Borloo, a lancé la fondation «Energie pour l’Afrique». Elle est chargée de mettre en œuvre le plan «Electricité-2035», sorte de «plan Marshall» de l’électrification du continent. Coût du projet : 4 milliards d’euros de subventions publiques par an pendant 12 ans, et 200 milliards de prêts privés. Le plan «Electricité-2035» a obtenu le soutien d’une vingtaine de maires des métropoles africaines comme Casablanca, Dakar, Libreville ou encore Kinshasa le 17 avril 2015 à Paris. A cette occasion, les élus locaux africains ont plaidé pour la création d’une agence africaine chargée de mettre en œuvre l’électrification complète du continent d’ici 2025.

A l’image de l’ancien ministre français, Le chanteur américain Akon souhaite améliorer les conditions de vie sur le continent à travers son projet «Akon Lighting Africa». Objectif : électrifier un million de ménages ruraux d’ici fin 2015 grâce à l’énergie solaire. L’artiste a déjà parcouru plusieurs pays africains pour présenter son initiative dont le Gabon, le Congo, et la Guinée Equatoriale.
Lors de sa première tournée africaine en juin 2013, le président américain Barack Obama avait annoncé Le projet «Power Africa» qui vise à installer 20 000 MW de capacité énergétique en Afrique subsaharienne d’ici 2020. Le plan estimé à 7 milliards de dollars permettrait de «doubler l’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne», selon Obama.
Bien que louables, toutes projets buttent encore sur la question du financement et surtout par leur manque d’intégration avec les projets nationaux. Selon l’Agence internationale de l’énergie, il faudrait environ 50 milliards de dollars par an jusqu’à 2030 pour l’électrification de l’Afrique subsaharienne, les fonds mobilisés par les principaux bailleurs multilatéraux ou nationaux, publics ou privés, sont au mieux dix fois inférieurs à cet objectif.