Élection à la Fifa : la Caf en rang dispersé

La Confédération africaine de football indique qu’elle ne soutiendra pas la candidature du Libérien Musa Bility pour la présidence de la Fédération internationale de football association (Fifa).

La Confédération africaine de football, dirigée par Issa Hayatou montre, une fois de plus, ses dents. Elle crie haut et fort que son institution ne pourra pas accompagner Musa Bility, président de la Fédération libérienne de football sans ses aspirations. Sa candidature ne sera pas soutenue. Bien curieuse donc, l’attitude des membres du bureau exécutif de la Caf. La nouvelle, comme un couperet, tombée la semaine dernière, a provoqué des réactions diverses au sein des milieux du football africain et mondial.
Ceux-ci estiment que la Caf devrait logiquement accorder son soutien au Libérien Musa Bility. Bien plus, ils se demandent ce qui a bien pu motiver une telle réaction des dirigeants du football africain et espèrent voir la Caf revenir sur sa décision. Les carottes semblent définitivement cuites. La bande à Issa Hayatou n’est pas prête à revoir sa position. Comme le laisse d’ailleurs indiquer un pan du communiqué rendu public au sortir d’une réunion tenue au Caire, la capitale égyptienne.

«Dans la perspective des élections annoncées à la présidence de la Fifa pour le 26 février 2016, le Comité exécutif a reçu Musa Bility, président de la Fédération libérienne de football à sa demande. Ce dernier a mis l’occasion à profit pour exposer les raisons qui ont motivé sa décision de se porter candidat à la future élection à la présidence de la Fifa. Après un échange fraternel, empreint de sincérité et de cordialité, le Comité exécutif de la Caf a décidé, à l’unanimité, de ne pas apporter à Monsieur Musa Bility le soutien sollicité de la part de la Caf et le lui a signifié, en lui souhaitant bonne chance dans la suite de son entreprise», peut-on lire sur le site de la Caf.
A défaut de soutenir un de ses paires, la Caf prend ses devants en précisant, «afin de préserver les intérêts et l’unité du football africain, il a été convenu que l’Afrique se donnera le temps nécessaire pour étudier toutes les options et se déterminer. Le comité exécutif de la Caf se réunira les 27 et 28 octobre 2015, au lendemain de la clôture des candidatures pour la présidence de la Fifa». Mais, selon certaines indiscrétions, la Caf s’apprêterait à faire allégeance au Français Michel Platini. A défaut, elle soutiendrait le Prince Ali bin Al Hussein d’Arabie Saoudite, officiellement candidat depuis l’annonce de la démission du Suisse Joseph Blatter, vaincu lui-même par des scandales de corruption à répétition.
Cette décision de la Caf étonne à plus d’un titre. Comment comprendre, en effet, qu’un fils du continent africain soit ainsi désavoué par ses pairs ?  Où sont donc passées l’entente et la solidarité, vertus au travers desquelles les peuples du continent noir ont bâti leur identité ? Que cache l’incroyable décision de la Confédération africaine de football ? Des questions jusqu’ici sans réponse et qui appellent à une profonde réflexion.
On imagine, difficilement, l’Union européenne de football association (Uefa), la Concacaf pour ce qui est de l’Amérique Latine ou la Confédération asiatique de football soutenir un autre candidat qu’un de leur ressortissant. Le Camerounais Issa Hayatou en sait quelque chose. Lui qui, en 2006, s’était cassé le nez au cours d’une élection similaire face à l’inoxydable Sepp Blatter. Le président de la Confédération africaine avait cru profiter de la brouille à l’époque de son rival avec des confédérations sœurs, du moins jusqu’au moment du dépouillement des votes. L’Occident divisée avant le scrutin avait su se ressaisir au dernier moment, pour apporter ses suffrages à Sepp Blatter aujourd’hui accusé de tous les maux et poussé vers la sortie.
Décidemment, cette belle leçon de patriotisme, de convivialité et de solidarité n’a pas fait tâche d’huile en Afrique. Les pays du continent africain, minés pour la plus part par des guerres et conflits sociaux interminables, la mal gouvernance des dirigeants politique, la corruption, des épidémies et donc le football reste à la traine, préfèrent évoluer en rangs dispersés. Sepp Blatter affaiblit, l’Uefa divisée, l’Asie en retrait, la Concacaf hésitante, le moment est venu pour l’Afrique de présider aux destinées du football mondial. Un rêve qui, certainement, ne pourra pas se réaliser dans la division, l’amateurisme, la haine et la corruption.