Eglise évangélique du Cameroun: la tension persiste

Agitations dans les paroisses, procès devant les tribunaux. La crise ne s’est pas encore calmée.

Des dimanches sans prédications à Douala. Non pas que les chrétiens n’ont plus faim de la nourriture spirituelle. Les cultes sont en fait empêchés dans plusieurs paroisses acquises à la cause de Richard Priso Moungolé, le candidat ayant perdu les élections du 22 avril dernier à la présidence de l’Eglise évangélique du Cameroun (EEC). Les fidèles qui arrivent sont priés de retourner chez eux. A Yaoundé, des sources crédibles attestent que d’autres paroisses ne reversent plus les collectes du dimanche à la direction générale de l’église. Toutes choses qui concourent à maintenir la tension et à fragiliser l’EEC. D’aucuns envisagent même le partage du patrimoine paroissial. Au début de ce mois de juin, le souspréfet de Douala 1er a présidé une réunion regroupant l’Eglise et la communauté. Le souspréfet offrait la médiation de l’autorité administrative pour ramener la paix. Les paroisses de Njo-Njo et Bonabéri sont les plus bouillantes. Un collectif de pasteurs Sawa a déposé une plainte dans deux juridictions de Douala. Au tribunal de grande instance du Wouri, les plaignants demandent l’annulation du processus électoral et la déchéance du nouveau bureau. Le tribunal de première instance de Bonanjo est saisi dans un référé d’heure en heure pour prendre des mesures conservatoires, car les plaignants exigent une part du patrimoine. Le révérend Philippe Nguété, secrétaire général de l’EEC, explique ce que l’Eglise fait pour ramener la paix.